Senina ————— Greek, Roman, and Byzantine Studies 57 (2017) 713–720 2017 Tatiana A. Sénina Anth.Gr. 15.12 de Léon le Philosophe comme source autobiographique Tatiana A. Sénina (nonne Kassia) ES ÉPIGRAMMES de Léon le Philosophe, fameux savant byzantin du IXe siècle,1 qui font partie de l’Anthologie Grecque et des autres collections ont été rééditées par L. G. Westerink, presque sans commentaires,2 et par B. Bald- win, avec un commentaire philologique.3 L’épigramme Anth.Gr. 15.12, pleine d’allusions antiques, a déjà attiré l’attention des savants. Voici son texte et ma tra- duction : Λέοντος φιλοσόφου εἰς ἑαυτὸν τοῦ ἐπονοµαζοµένου Ἕλληνος Εὖγε Τύχη µε ποεῖς ἀπραγµοσύνῃ µ᾿ Ἐπικούρου ἡδίστῃ κοµέουσα καὶ ἡσυχίῃ τέρπουσα. 1 Sur Léon voir : P. Lemerle, Le premier humanisme byzantin (Paris 1971) 148–176 (trad. anglaise : Byzantine Humanism [Canberra 1986] 171–204 ; trad. russe : Pervyi vizantiiskii gumanizm [Saint Pétersbourg 2012] 215–258) ; Prosopographie der mittelbyzantinischen Zeit I (1998) no. 4440 ; V. Katsaros, “Leo the Mathematician: His Literary Presence in Byzantium during the 9th Century,” dans P. L. Butzer and D. Lohrmann (éds.), Science in Western and Eastern Civilization in Carolingian Times (Basel 1993) 383–398 ; L. Montagnini, “Leone il matematico. Un anello mancante nella storia della scienza,” Studi sull’Oriente Cristiano 6 (2002) 89–108 ; D. Pingree, “Leo the Mathematician,” Complete Dictionary of Scientific Biography (2008: http://www.encyclopedia.com /doc/1G2-2830902557.html, accès 12 juillet 2016). Il y a une traduction russe des œuvres de Léon : Lev Matematik i Filosof, Sochineniia, trad. russe, comm., introd. par T. A. Sénina (nonne Kassia) (Saint Pétersbourg 2017). 2 L. G. Westerink, “Leo the Philosopher: Job and Other Poems,” ICS 11 (1986) 193–222, voir 195–201. 3 B. Baldwin, “The Epigrams of Leo the Philosopher,” BMGS 14 (1990) 1–17. L 714 ANTH.GR. 15.12 DE LEON LE PHILOSOPHE ————— Greek, Roman, and Byzantine Studies 57 (2017) 713–720 τίπτε δέ µοι χρέος ἀσχολίης πολυκηδέος ἀνδρῶν; οὐκ ἐθέλω πλοῦτον, τυφλὸν φίλον, ἀλλοπρόσαλλον, οὐ τιµάς· τιµαὶ δὲ βροτῶν ἀµενηνὸς ὄνειρος. 5 ἔρρε µοι, ὦ Κίρκης δνοφερὸν σπέος· αἰδέοµαι γὰρ οὐράνιος γεγαὼς βαλάνους ἅτε θηρίον ἔσθειν· µισῶ Λωτοφάγων γλυκερὴν λιπόπατριν ἐδωδήν, Σειρήνων τε µέλος καταγωγὸν ἀναίνοµαι ἐχθρῶν· ἀλλὰ λαβεῖν θεόθεν ψυχοσσόον εὔχοµαι ἄνθος, 10 µῶλυ, κακὼν δοξῶν ἀλκτήριον· ὦτα δὲ κηρῷ ἀσφαλέως κλείσας προφυγεῖν γενετήσιον ὁρµην. ταῦτα λέγων τε γράφων τε πέρας βιότοιο κιχείην. Léon le Philosophe nommé l’Hellène, sur lui-même Tu me donnes bien, ô Fortune, la tranquillité d’Épicure, En me nourrissant de joie4, en me délectant de paix.5 A quoi bon le poids des soucis humains ? Je n’en veux pas. Je ne désire ni richesse, cet ami aveugle et inconstant, Ni honneurs : les honneurs des mortels sont un rêve éphémère. 5 Loin de moi, la caverne sombre de Circé !6 N’aurais-je honte, Devenu célèste, de manger des glands comme une bête ?7 Je déteste la nourriture douce des Lotophages — l’oubli de la patrie,8 Et je repousse le chant séduisant des ennemis, de ces sirènes.9 Que Dieu, je prie, me donne la fleur qui sauve l’âme — le moly,10 10 Remède contre les pensées mauvaises, et que, les oreilles Bien bouchées avec de la cire, j’échappe à la passion sexuelle. Que j’écrive et que je parle ainsi jusqu’au terme de ma vie ! D’après P. Lemerle, cet autoportrait “doit dater de l’âge mûr.”11 B. Baldwin suppose que c’est cette épigramme qui a 4 Ou “de la douceur.” 5 Ou possiblement “du repos” ; il est peu probable qu’il s’agit du calme des hésichastes. 6 Cf. Hom. Od. 10.135–489. 7 Peut-être une allusion à θηρίον ὕειον de La République de Platon (535E4– 5) — un cochon à qui Platon compare l’ignorant qui ne sait pas la vérité. 8 Cf. Hom. Od. 9.94–97. 9 Cf. Hom. Od. 12.39–54, 173–201. 10 Cf. Hom. Od. 10.305. 11 Lemerle, Le premier humanisme 175. TATIANA A. SÉNINA (NONNE KASSIA) 715 ————— Greek, Roman, and Byzantine Studies 57 (2017) 713–720 provoqué les attaques de Constantin le Sicilien contre Léon après la mort de celui-ci.12 Toutefois E. van Opstall a montré que l’épigramme, malgré sa forme hellénistique, exprime des pensées plutôt chrétiennes que païennes.13 Le but de l’article présent est de lier le contenu de cette épigramme avec les événements de la vie de Léon mentionnés dans les sources historiques, en premier lieu par Continuateur de Théophane.14 P. Lemerle a considéré cette épigramme comme un “étrange poème pour un Byzantin, pour un archevêque de Thessa- lonique.”15 Un ascète pieux à la manière de Théodore le Stoudite n’écrirait sans doute pas un tel poème ; probablement le patriarche Photios ne l’écrirait pas non plus ; mais Léon le Philosophe était loin de se forcer à penser strictement dans le cadre de la piété chrétienne. Par exemple, une grande partie de son grand poème Job, ou Sur l’absence de chagrins et la patience16 est pleine de raisonnements philosophiques communs à tous les hommes, sans une intonation spéciallement chrétienne, et abonde en exemples et métaphores pris de l’histoire et la lit- térature antiques. Dans l’épigramme en question on voit la même manière d’exprimer le sujet à l’aide d’allusions antiques. La mention de la Fortune-Τύχη et d’Épicure dans le premier vers pourrait sembler étrange ; mais la notion de la Fortune (du Destin) comme une force des circonstances, qui se joue de la vie des hommes avec la permission de Dieu, était commune aux Byzantins. La foi au destin complétait celle en la provi- 12 Baldwin, BMGS 14 (1990) 14. 13 E. van Opstall, “Leo de Filosoof: danser op een heidens koord,” Lampas 47 (2014) 247–262 ; la version anglaise : “Balancing on the Tightrope of Paganism: Leo the Philosopher,” dans Y. Durbec et al. (éds.), Traditions épiques et poésie épigrammatique. Présence des épopées archaïques dans les épigrammes grecques et latines (Leuven 2016) 261–281. Je remercie Mme van Opstall l’autorisation de lire une copie de cette dernière version. 14 E. van Opstall fait un examen philologique très détaillé de l’épigramme mais ne trace aucun parallèle avec la biographie de Léon. 15 Lemerle, Le premier humanisme 176. 16 Éd. Westerink, ICS 11 (1986) 205–222. 716 ANTH.GR. 15.12 DE LEON LE PHILOSOPHE ————— Greek, Roman, and Byzantine Studies 57 (2017) 713–720 dence divine qu’on ne trouvait toujours pas suffisante pour exprimer tout ce qui se passe dans le monde. Cette notion du destin était “un sujet plutôt de la conscience religieuse or- dinaire que de l’idéologie religieuse”; mais d’autre part, les hommes instruits essayaient toujours de “trouver une solution plus ou moins philosophique au problème du déterminisme, ne se fiant pas uniquement à la doctrine officielle de la providence divine.”17 Pour Léon le Philosophe la fortune représente en quelque sorte l’ensemble des circonstances de la vie ; pourtant l’intérêt que Léon portait à l’astrologie pouvait apporter des nuances à cette notion. Quant à Épicure, Léon connaissait bien sûr les différents courants de la philosophie greque, et l’idéal épicurien était pro- bablement celui de Léon lui-même : une vie tranquille loin des puissants de ce monde, des honneurs de la cour et des richesses, vie consacrée aux travaux scientifiques et aux plaisirs simples tels que les relations amicales, promenades et repas modestes, — bien que cet idéal ne fût pas choisi complètement de bon gré mais, pour ainsi dire, fût imposé par le destin. Ici nous devons poser une question : quand cette épi- gramme a-t-elle été écrite ? Je ne pense pas qu’elle soit une œuvre de l’âge mûr et de l’époque où Léon était l’archevêque de Thessalonique. Tout son contenu indique une autre période où Léon, après avoir terminé ses études, menait une vie modeste de professeur privé à Constantinople. C’est à cette époque qu’il pouvait être libre “des soucis humains” particu- liers et se consacrer complètement aux sciences et à la lecture, en transmettant ses connaissances à un cercle étroit d’élèves. Il 17 I. P. Medvedev, Vizantiiskii gumanizm XIV–XV vv. (Saint Pétersbourg 1997) 128–130. I. P. Medvedev cite des exemples intéressants de l’attitude des Byzantins instruits des Xe–XIIe siècles envers la fortune : elle pouvait être tantôt un symbole de la prédestination qui existe dans l’univers et s’accommode à la providence divine, tantôt un “bouc émissaire” dont on peut se plaindre lors des malheurs (alors qu’il est mal de se plaindre de Dieu), tantôt une personnification des forces hostiles, tantôt une manifesta- tion de la spontanéité dans le monde ; il y avait pourtant des auteurs qui niaient entièrement la fortune. TATIANA A. SÉNINA (NONNE KASSIA) 717 ————— Greek, Roman, and Byzantine Studies 57 (2017) 713–720 n’était pas alors connu à la cour impériale, n’était pas à la tête de l’École de la Magnaure et, par conséquence, n’avait ni hon- neurs ni richesse. “La caverne sombre de Circé” (vers 6) sym- bolise évidemment une vie dans l’aisance et la volupté — Léon rejette tout cela. En effet, il ne s’était jamais marié, autant qu’on puisse en juger, et probablement, il se l’était refusé con- sciemment pour ne se consacrer qu’aux sciences. Mais ce refus des plaisirs charnels est rempli de tentations pour un jeune homme, et ce n’est pas alors sans raison que Léon prie Dieu de lui donner un remède contre la passion sexuelle (11–12) — une telle prière serait moins vraisemblable de la part d’un homme âgé. Mais il y a une autre indication : c’est la mention de la nour- riture des Lotophages qui fait oublier la patrie et du chant séduisant de certains ennemis qui ressemblent aux sirènes (8– 9).18 Si cette épigramme est vraiment autobiographique et sous- entend quelque chose de concret, on peut se rappeler ici l’histoire racontée par le Continuateur de Théophane19 : le calife Mamûn (813–833), après avoir appris d’un élève de Léon que son professeur excellent menait une existence pauvre et obscure, l’a invité à venir, lui promettant des honneurs et d’im- menses richesses que le Philosophe a refusés. Il y a pourtant un problème : cet épisode, quoique très pittoresque, est douteux au point de vue historique.20 D. Gutas pense que Mamûn, ayant dans sa cour Muhammad al-Hwarizmi, le fondateur de l’algèbre classique, avec d’autres savants brillants, ne pouvait avoir besoin de Léon.21 J. Sypiański n’est pas sûr que Gutas ait raison, parce que Léon, comme on sait, était très instruit et 18 Je ne suis pas d’accord avec E. van Opstall qui lie la mention des sirènes avec les sédutions sexuelles (dans Traditions épiques 275). 19 P.185.15 ff. Bonn éd. 20 Voir P. Magdalino, “The Road to Baghdad in the Thought-World of Ninth-Century Byzantium,” dans L. Brubaker (éd.), Byzantium in the Ninth Century: Dead or Alive? (Ashgate 1998) 200–201. 21 D. Gutas, Greek Thought, Arabic Cultur. The Graeco-Arabic Translation Move- ment in Baghdad and Early ῾Abbāsid Society (London/New York 1998) 180. 718 ANTH.GR. 15.12 DE LEON LE PHILOSOPHE ————— Greek, Roman, and Byzantine Studies 57 (2017) 713–720 avait une bonne bibliothèque qui comprenait, entre autres, des œuvres d’Archimède, d’Euclide, de Théon d’Alexandrie et de Platon. Toutefois Sypiański pense que la véracité de cette histoire n’a pas d’importance et qu’elle peut être interprétée selon l’hypothèse d’une rivalité culturelle entre les Arabes et les Byzantins,22 ce qui semble vraisemblable. Mais qui pouvaient alors être les “Lotophages” et les “sirènes” dont Léon repousse les séductions ? Il existe, à ce qu’il paraît, une autre interprétation possible. On sait que les califes, Mamûn parmi eux, faisaient des efforts pour obtenir des manuscrits grecs de Byzance et que les Arabes venaient à Byzance pour acheter des livres scientifiques, ce qui aurait pu même activer le processus de transcription en minuscule dans l’Empire byzantin au IXe siècle.23 Les Arabes qui cherchaient des livres à Constantinople devaient sans doute s’adresser aux érudits byzantins. On peut imaginer qu’un jour ces Arabes auraient atteint la bibliothèque de Léon et, si le Philosophe vivait alors dans l’obscurité, lui auraient proposé de tenter sa chance à Bagdad où Mamûn avait créé la “Maison de la Sagesse,” le célèbre institut de recherche et une librairie. Voici une tentation à laquelle Léon aurait eu à résister à cette époque. Il est possible que peu de temps après on l’eut invité à la cour impériale, peut-être par la protection de son oncle, Jean le Grammairien. L’épigramme Anth.Gr. 15.12 peut dater juste- ment de ce temps-là. Nous ne savons pas précisement quand l’empereur Théophile (829–842) a chargé Léon d’organiser un 22 J. Sypiański, Les mouvements des érudits et des manuscrits entre Byzance et le monde arabe au IXe siècle (thèse Paris 1 Panthéon-Sorbonne 2011) 40–43. Voir aussi son article “Arabo-Byzantine Relations in the 9th and 10th Centuries as an Area of Cultural Rivalry,” dans A. Kralides et A. Gkoutzioukostas (éds.), Proceedings of the International Symposium Byzantium and the Arab World (Thessa- lonique 2013) 465–478, sur Léon 470–471. 23 Sypiański, Les mouvements des érudits 9–14, et “Arabo-Byzantine Traffic of Manuscripts and the Connections between the Graeco-Arabic Translation Movement and the First Byzantine ‘Renaissance’,” dans M. Janochy et al. (éds.), Byzantium and Renaissances. Dialogue of Cultures, Heritage of Antiquity (Var- sovie 2012) 189–192. TATIANA A. SÉNINA (NONNE KASSIA) 719 ————— Greek, Roman, and Byzantine Studies 57 (2017) 713–720 enseignement public dans l’école de l’église des Quarante- Martyrs. Les chroniqueurs lient cet événement avec la décou- vert de Léon par le calife Mamûn (813–833) ce qui présume une date entre 829 et 833.24 Je pense que, même si Mamûn ne connaissait jamais rien du Philosophe, la nomination de Léon peut néanmoins dater de cette période à peu près, parce que quelques années du moins se sont écoulées dans les peines de professeur avant que Léon soit devenu l’archevêque de Thes- salonique en 840. Je suppose donc que l’épigramme a été écrite entre 830 et 835, avant que l’empereur Théophile ait invité Léon à enseigner dans l’école publique — ou peu de temps après cela. Contre quelles “pensées mauvaises” Léon cherche-t-il un remède ? Deux réponses sont possibles. L’une est plus philo- sophique : contre les notions erronées sur l’univers. L’autre est plus pieuse : contre les fausses opinions dogmatiques, c’est-à- dire contre les hérésies. Nous savons que Léon a été un évêque iconoclaste pendant quelques années, mais son homélie sur l’Annonciation de la Vierge montre qu’il n’était pas un ennemi fervent des icônes.25 Après le Triomphe de l’Orthodoxie en 843 Léon est revenu à la vénération des icônes : un iconoclaste n’aurait sans doute pas pu se trouver à la tête de l’Université de Constantinople. Il est certain que le Philosophe, comme la plupart des Byzantins, était un iconodoule avant le début du second iconoclasme et probablement continuait à l’être sous Léon V et Michel II, car il était alors un professeur privé et non pas une personne publique. Mais il pourrait à peine, en restant un iconodoule, enseigner à l’école publique sous les auspices 24 Sur la chronoligie de cette histoire voir Lemerle, Le premier humanisme 150–154. 25 V. Laurent, “Une homélie inédite de l’archevêque de Thessalonique Léon le Philosophe sur l’Annonciation,” dans Mélanges E. Tisserant II (Cité du Vatican 1964) 281–302 ; voir surtout §6 de l’homélie (p.299–301) où Léon raconte l’histoire de la conversion miraculeuse d’une jeune Juive avec la participation des icônes de la Vierge et de S. Démétrios de Thessalo- nique. 720 ANTH.GR. 15.12 DE LEON LE PHILOSOPHE ————— Greek, Roman, and Byzantine Studies 57 (2017) 713–720 d’un empereur iconoclaste. C’est probablement après la propo- sition généreuse de Théophile que Léon s’est posé la question (ou se l’est entendu poser) de l’attitude envers les icônes. Il est possible que la demande de la fleur miraculeuse (moly, vers 10) soit un témoignage des hésitations. Mais si Jean le Gram- mairien avait réussi à convertir son neveu savant, cette de- mande de Léon pourrait indiquer un désir de confirmer sa foi nouvelle dans l’épigramme. D’autre part, tout ce que nous savons de Léon ne nous donne pas l’image d’une personne pré- occupée des questions dogmatiques, c’est pourquoi la demande de la fleur miraculeuse peut exprimer tout simplement un désir de rester un vrai philosophe et savant jusqu’au bout de sa vie, et l’épigramme dans l’ensemble peut témoigner des réflexions de l’auteur sur les perspectives qui s’ouvrent devant lui : un en- seignement publique, une grand renommée, la richesse, des honneurs… Il vaut mieux ne pas s’attacher à toutes ces choses- là! Quoi qu’il en soit, la date la plus probable de cette épi- gramme, à mon avis, est entre 830 et 835, suite à la présenta- tion à la cour de Théophile.26 Mars, 2017 Université d’État de Saint-Pétersbourg de l’instrumentation aérospatiale Saint-Pétersbourg, Russie mon.kassia@gmail.com 26 Le projet a été soutenu par la Fondation russe pour les sciences hu- maines (РГНФ), subv. no 15-03-00093.