Eunape et ses devanciers: A propos de "Vitae Sophistarum" p.5.4-17 G. Goulet, Richard Greek, Roman and Byzantine Studies; Summer 1979; 20, 2; Periodicals Archive Online pg. 161 Eunape et ses devanciers: A propos de Vitae Sophistarum p.5.4-17 G. Richard Goulet LINTRODUCTION des Vies des philosophes et des sophistes d'Eunape de Sardes1 comporte un developpement en deux parties (pp.2.14- 4.8; p.5.4-17) sur les periodes de l'histoire passee de la philosophie et de la rhetorique. Pour justifier sa decision de ne commencer son ouvrage qu'avec la vie de Plotin, Eunape entend montrer que pour les auteurs plus anciens Ie lecteur n'est pas aussi demuni que pour la periode qu'il va lui-meme exposer. 11 est ainsi amene a distinguer un certain nombre de periodes dans l'histoire passee de la philosophie et de la rhetorique et a definir pour chacune l'etat de l'information accessible au lecteur. Les deux parties du developpement d'Eunape sont interrompues par quelques lignes consacrees a l'ambition litteraire de l'ouvrage. 2 La deuxieme partie (p.5.4-17), qui comprend une quinzaine de lignes, a embarrasse tous les editeurs, traducteurs et commentateurs d'Eunape. 3 Les periodes historiques distinguees en cet endroit rappellent la division suggeree dans Ie premier passage (pp.2.14-4.8), mais ne semblent pas tout a fait les memes. D'autre part, Ie texte comporte plusieurs parentheses imbriquees les unes dans les autres, sans qu'il soit toujours possible de voir exactement ou il faut les ouvrir et ou il faut les refermer. 1 Cj. Eunapii Vitae Sophistarum, Ioseph Giangrande recensuit (Rome 1956). Les refe­ rences entre parentheses dans cet article renvoient a la page et a la ligne de cette edition. 2 Eunape declare avoir voulu dans cet ouvrage ecrire "I'histoire continue et complete de la vie philosophique et rhetorique des hommes les meilleurs" (pA.II-14). II promet de ne pas enterrer dans Ie silence "tout ce qu'il a appris par la tradition orale, par ses lectures ou par Ies enquetes qu'il a menees aupres de ses contemporains" (pA.23-24). Ainsi pourra-t-il "transmettre la connaissance de ces grands hommes aux lecteurs futurs qui voudraient entendre parler de ce qui est Ie plus beau ou encore a ceux qui seraient en mesure de poursuivre (ce qui est Ie plus beau)" (p.5.2-3). 3 On trouvera dans l'article de G. Nenci, "Eunapio, Vitae Sophist. II, 2, 6-8 e Ia periodizzazione della I/>tAOcol/>oc icTop[a," AnnPisa 3 (1973) 95-102, les principales interpre­ tations proposees par les philologues. Voir aussi J. C. Vollebrecht, Symbola in novam Eunapii editionem (Amsterdam 1929) 55-56. 161 162 EUNAPE ET SES DEVANCIERS I Avant d'aborder ce passage difficile, il est indispensable d'etudier la division des periodes historiques que propose Ie premier texte (pp.2.14--4.8) . Porphyre et Sotion ont rassemble l'histoire philosophique et les vies des philosophes. Mais Porphyre-ainsi en est-il-a termine avec Platon et son temps; Sotion, lui, semble etre descendu plus bas, bien que Porphyre soit plus recent (p.2.14-18). Eunape fait ici allusion a deux ouvrages importants, malheureuse­ ment disparus, de l'histoire ancienne de la philosophie: la t1>LAococpoc tCTopta en quatre livres ecrite par Ie philosophe neoplatonicien Porphyre 4 dans la seconde moitie du IIIe siecle apres J.C. et les Successions des philosophes composees par Sotion d' Alexandrie au debut du lIe siecle avantJ.C.5 Ces deux ouvrages definissent deux periodes dans l'histoire ancienne de la philosophie: la premiere s'acheve avec l'epoque de Platon, la seconde au plus tard avec l'epoque de composition de l'ouvrage de Sotion. Si ces deux epoques anciennes de la philosophie sont bien connues grace aux deux ouvrages fondamentaux de Porphyre et de Sotion, la suite l'est beaucoup moins bien. La moisson 6 intermediaire de philosophes et de sophistes ayant ete au-dessus de toute description 7 par l'importance et la diversite de 4 Les fragments ont ete rassembIes par Aug. Nauck, Porphyrii Philosophi Platonici Opuscula Selecta2 (Leipzig 1886; reimpr. Hildesheim 1963) 3-16. 5 Cj. Fritz Wehrli, Sotion (Die Schule des Aristoteles, Texte und Kommentar, Supplbd. II; Basel/Stuttgart 1978). L'ouvrage de Sotion a ete ecrit apres la mort de Chrysippe (208/204 avantJ.C.), mentionnee dans Ie fr.22, et il a ete abrege par un certain Heraclide Lembos qui est connu comme homme politique pour avoir ete Ie mediateur d'un traite de paix entre Ptolemee VI et Antiochus IV apres la batailJe de Peluse en 169 avant J.C. Cj. Daebritz, "Herakleides (51) Lembos," RE 8 (1912) 488-91; H. Bloch, "Herakleides Lembos and his Epitome of Aristotle's Politeiae," TAPA 71 (1940) 31-32; Heraclides Lembus, Excerpta Politiarum, ed. and transl. M. R. Dilts (GRBM 5, Durham [N.C.] 1971) 8. e !Popa est traditionnellement employe pour designer un groupe de philosophes ou de sophistes. Cj. Aeschin. 3.234: PTJ70PWV 1TOVTJpWV q,opa (reference dans LSJ). 7 C'est Ie sens qu'invitent a donner ici a a0L7]YrJ70V les paralleles chez Eunape (pp.46.2; 63.23; 94.10). On pourrait aussi comprendre: "la moisson intermediaire ( ... ) n'ayant beneficie d'aucun expose narratif qui soit a la mesure de l'importance et de la diversite de son talent. .. " RICHARD GOULET son talent, Philostrate de Lemnos a 'crache' 8 brievement et avec charme la vie des meilleurs (sophistes),9 mais personne n'a ecrit avec precision la vie des philosophes (p.2.l8-23). 163 Les limites chronologiques de cette 'moisson' intermediaire sont imprecises et ne pourront etre determinees que par la datation des philosophes qui seront ensuite signales comme representatifs de cette periode. Apparemment, elle s'oppose a une ou a des moissons plus anciennes, celles qu'ont fait connaitre Porphyre et Sotion, mais aussi a une moisson plus recente, sans doute celIe dont Eunape va parler. En fait, cette nouvelle moisson n'est pas evoquee directement ici, parce que l'auteur doit expliquer comment Ie lecteur peut s'informer sur cette moisson intermediaire. Pour cette periode importante, il y a donc lieu de distinguer entre sophistes et philosophes. Pour les sophistes, Ie lecteur dispose des Vies des sophistes de Philostrate, ocuvre composee "brievement et avec charme," entendons: sans une recherche historique approfondie. Pour les philosophes, il ne dispose de rien d' equivalent. II est tout de meme possible de s'informer sur les philosophes de cette epoque grace a des documents qui sont de deux types. Nous possedons tout d'abord les biographies individuelles de certains philosophes. Eunape mentionne la Vie d' Apollonius de Tyane par Philo strate (p.3.4-9) et la Vie de Dimonax par Lucien (p.4.5-8). Pour les autres philosophes, Ie lecteur est reduit a recueillir dans leurs propres ouvrages les indices autobiographiques qu'ils y ont dissemines. Cette documentation n'est d'ailleurs pas negligeable10 et pourrait permettre de reconstituer la plus grande partie de la biographie du 'divin Plutarque', ainsi que celIe de son maitre Ammonius d'Egypte (pp.2.23-3.2; 3.20-4.5). Eunape mentianne pour cette periode quelques autres philo­ sophes, de sorte que no us pouvons en determiner au mains approxi­ mativement les limites chronologiques. En plus d' Ammonius d'Egypte (Ier siecle apres J.C.) et de Plutarque (47-120 env. apres J.C.), d' Apollonius de Tyanc (Ier siecle apres J.C.) et de Demonax (lIe 8 'Cracher' ou 'vomir' un discours, c'est l'ecrire ou Ie prononcer a l'improviste sans une preparation suffisante. Voir par exemple Philostrate, Vies des sophistes 2.9.7; p.584 Olearius (reference dans Giangrande). On sait qu'Aristide repugnait ainsi a 'v6mir' un discours improvise (p.583 Olearius), image reprise par les adversaires du redout able Proheresius chez Eunape (p.70.19). 9 Conjecture de Boissonade, reprise par Giangrande. 10 Eunape nous dit avoir lui-meme utilise cette methode pour ecrire sa vie de Porphyre (p.6.6-8). 164 EUNAPE ET SES DEVANCIERS siecle apres J.C.), Eunape mentionne en effet Euphrates d'Egypte (un contemporain et un adversaire d'Apollonius),ll Dion Chryso­ stome (40-120 env. apres J.C.)12 et, parmi les Cyniques, un certain Carneade qui nous est presente comme un contemporain d' Apollo­ nius (p.3.9-11 )/3 puis Musonius, Demetrius et Menippe, trois philosophes connus d'Eunape grace a 1a Vie d' Apollonius de Tyane de Philostrate. 14 On voit done que tous 1es phi10sophes mentionnes par Eunape ont vecu aux ler et lIe siecles apres J.C. Avant de passer a l'analyse du second passage, il importe de degager, sous forme de tableau, les quatre periodes implicitement distinguees par Ie premier texte: 1. Vne premiere periode "jusqu'a Platon et son temps," connue grace a Porphyre et a Sotion; 2. Vne seconde periode "qui descend plus bas" que Platon, connue grace a Sotion; 3. V ne 'moisson' intermediaire; 4. (Vne moisson recente). II Nous allons retrouver une division sembiable dans Ie deuxieme texte. Avant de Ie traduire et de Ie commenter, je donne immediate­ ment Ie texte grec tel que je Ie comprends. La separation des phrases et la delimitation des parentheses que je propose s'appuient notam­ ment sur Ies signes de ponctuation que j'ai trouves dans Ie Laurentianus 86.7 fo1. 219, I'ancetre de tous nos manuscrits d' Eunape :15 11 Cj. Philostrate, Vies des sophistes 1. 7; pA88 Olearius; Vie d' Apollonius de Tyane 5.27 sq. et passim. 12 Dion est associe a Euphrates dans les passages de Philostrate cites a la note precedente. 13 On a propose de l'identifier avec un certain Carne ius mentionne par Athenee. Cj. W. C. Wright dans son edition de Philostrate et d'Eunape (LCL, London/New York 1922) 346-47 n.3. Keydell, dans son compte rendu de l'edition Giangrande, BZ 53 (1960) 119-23, suppose une lacune apres Xpovovc (ligne 10) pour ne pas rattacher Carneade au cynisme, mais cela n'expliquerait pas pourquoi ce Carneade est presente comme un contemporain d'Apollonius de Tyane. 14 Voir par exemple Vie d'Apollonius de Tyane 4.25: Demetrius de Corinthe et Menippe de Lycie, son disciple; 4.46: Musonius. 15 Cette ponctuation n'est evidemment pas determinante par elle-meme, mais elle a Ie merite appreciable, me semble-toil, d'avoir ete adoptee, sinon transmise, par des Crees du Moyen-Age byzantin et non par des philologues modernes. RICHARD GOULET 4 " \.,. ~, '~""i: ~ , ~" , EeXE /LEV OVV otaKol77]V Ttva Kat P7]':,tV 0 xpovoe ota Tae KotVae cv/LrP0paC' TPLT'T] SE avSpwv iyEvETo rPopa (YJ /LEV yap SWTEpa /LETa TryV IIAaTwvoe 1TIxetv €/LrPavrye avaKEK~pvKTat) [OTt] KaTa , K' " I , N I ('" e' I " I Tove I\avowv Kat Epwvoe Tove yap a I\wve Kat EVtaVewve 8 OU Xpry yparPEtV~OVTOt SE .rycav 01. l7EPt. raA{3av, BtTEAAwv, "OOwva [OvEc7TaCtaVOc 8E <5 E7Tt TOVTOtC Kat TiToe] Kat oeo, /LETa TOVTove .rypgav ,~iva /Lry Tofho el7OVSa~EtV S6gW/LEV' l7Aryv , I I , \' , .... \ _ " ,/...\ '../.,. El7tTPEXOVTL yE Kat CVVEI\OVTt Etl7EtV TO TWV aptCTwv 'f'tI\Oco'f'wv 12 YEVOC) Kat. de .EE{3fjpOV SLETEtVEV. aAAa EUTvXEe yE lJ1TapXEt ~ (3 \.... ,\ ,/...' rt \ :), , ( I TOtC aCtI\EVCt KaTa T7]V euyypa'f'7]v, OTt TO KaT apET7]V Vl7EPEXOV apte/LEtTat T0 KaTa TryV TVX7]V, VE/LEeaTW Se /L7]Se Ele, Et yE Kat. YJ/LE'iC OVTWC avayparP0/LEV TOVC Xp6vovC' arP' cJjv yE .ryv SvvaTov 16 CVVTEK/L7]ptwcaeeat 7) l7apaAa{3ELv TryV l7poe~Kovcav apx~v, al70 TOVTWV Ele ,.\6yov J1Tt{37]e6/LEea (p.5.4-17).1 6 165 Le passage commence par une phrase apparemment sans relation avec les lignes qui precedent17 et qui semble marquer un retour a la division des periodes historiques dont parlait Ie premier texte: Le temps subissait done une cesure et une rupture a cause des calamites publiques18 (p.5.4-5). Comme Eunape va ensuite dire qu'il y eut une troisieme moisson de philosophes, Ia rupture ici evoquee est sans doute celIe qui marque Ie terme de Ia deuxieme moisson. A quel malheur public Eunape fait-il allusion? Du fait que la troisieme moisson semble commencer avec Claude et Neron, il pourrait s'agir de la chute de Ia republique, mais 16 Ligne 5 cvfLav~c dvaKEK~pvKTaL' on Laurentianus: €fL.avSiov). Eunape aurait alors interverti les regnes de Tibere et de Claude: NEPWVOC <1)v Xpovovc) Vollebrecht Illigne 8 Wyttenbach sup prime les mots OVTOL-"O(}wva qu'il considere comme une glose. Illigne 9 Je con sid ere les mots OUEC7TaCLavoc-TiToc comme une glose: ovTEc Boissonade Wright II xpovove opa ailleurs chez Eunape: pp.5!.11; 58.23 (Ti)e Kowi)e cvfLcf>opac); 65.18-19; 89.3; 99.16. 166 EUNAPE ET SES DEVANCIERS l'expression reste ambigue. Eunape reparlera plus bas des rapports entre l'histoire de la philosophie et l'histoire politique. Eunape revient done au probleme des moissons de philosophes qui constituait Ie theme du premier passage: Mais il apparut une troisieme moisson d'hommes ( ... ) au temps de Claude et de Neron ( ... ) et elle s'est etendue jusqu'a Severe (p.5.5-12). Contrairement a Giangrande, je suppose que la phrase principale se prolonge jusqu'a 8dT€LV€V (ligne 12) par dela deux parentheses.19 On trouve effectivement dans Ie manuscrit une ponctuation apres aVaK€KT/pVKTaL (ligne 6) et apres ylvoe (ligne 12). Ceci implique que la premiere parenthese s'arrete a aVaK€KT/pVKTaL et que Kat €te E€{3ijpov SdT€£v€v ne depend pas de £L1T€ZV (ligne 11).20 A l'interieur de cette phrase s'inscrivent deux parentheses princi- pales. La premiere est amenee par la mention d'une troisieme moisson. Mais il apparut une troisieme moisson d'hommes (car la seconde, apres celle de Platon, a ete dairement prodamee pour tous) au temps de Claude et de Neron ... (p.5.5-6). Contrairement a Giangrande, je crois que la seconde moisson, celle qui vient apres celle de Platon, s'est achevee avant (ou avec) Claude et Neron et qu'une troisieme moisson s'est etendue de l'epoque de ces deux empereurs jusqu'a Septime Severe. Selon Vollebrecht et Giangrande, du moins si je comprends bien Ie decoupage qu'ils donnent du passage, c'est la seconde moisson qui commencerait avec Claude et N eron, la troisierne ne commenc;ant qu'avec Severe. Mais il y aura it alors un trou inexplicable de Platon a Claude. L'interpretation de Vollebrecht et de Giangrande se fonde sans doute sur Ie fait qu'aVaK€KT/pvKTaL est suivi de OTt, mais de toutes manieres ils sont contraints de corriger les mots suivants. II est plus simple de considerer qu'on a ajoute OTt pour pouvoir rattacher KaT.t"lvov T€ Kat KAavDwv aKfLa~HV CVVE{3aLVEV KTA. = EC TOtiC XPOVOVC raAAt~VOV TE Kat KAavD{ov aKfLa~€tV CVVE{3aLVEV KTA. "11 se trouvait fteurir au temps de Gallien et de Claude etc." On a d'ailleurs un excellent parallele p.S9.5-6: 'IovAwvDc DE 0 EK Ka7T1raDodac CO~tCT~C dc TOtiC A'DEdov Xpovovc ijKfLa~Ev. Qu'il s'agisse ici d'une allusion ala Chronique de Porphyre (b) ou a I'acme de ce dernier (d), la presence de Tacite, d'Aurelien et de Probus a la suite de Gallien et de Claude souleve les plus grandes suspicions. On sait en effet que la Chronique universelle de Porphyre (FGrHist 260 T 2 Jacoby) s'arretait au regne de Claude, tout comme celle de Dexippe d'ailleurs (FGrHist 100 F 1 Jacoby) qu'Eunape entendait prolonger dans sa propre Chronique (FHG IV fr.! Muller). Si d'autre part, la phrase se refere a l'acme de Porphyre, on ne comprend pas pourquoi Eunape a fait correspondre cette acme (qui marque un moment relativement restreint dans la vie d'un individu) aux regnes successifs de cinq empereurs ayant regne en tout sur une periode de plus de trente anhees. La construction de la phrase montre d'ailleurs bien qu'il n'y a plus rien a attendre apres cvvE{3atV€v. Si Eunape a situe l'acme de Porphyre sous Gallien et Claude, c'est certaine­ ment parce que dans sa Vie de Piotin (principale source d'Eunape pour la redaction de sa vie de Porphyre, cj. 6.7-8) Gallien et Claude etaient les deux derniers empereurs men­ tionnes. Porphyre se donnait d'ailleurs trente ans en la dixieme annee du regne de Gallien (Vita Piotini 4.9). II etait facile a un copiste qui ne lisa it plus aKfLa~nv et qui savait que Porphyre avait vecu sous les empereurs suivants, de corriger a peu de frais l'erreur d'Eunape. 24 La succession reelle est Galba, Othon, Vitellius. 25 CelIe des philosophes. 26 CelIe des empereurs. 170 EUNAPE ET SES DEVANCIERS Vies avec Plotin, ne, selon Porphyre (Vita Plotini 2.37), en la treizieme annee du regne de Septime Severe, Eunape a conscience que Plotin n'est lui-me me que l'heritier d'une longue tradition philosophique et Ie chef de file d'une nouvelle moisson de philosophes qui pro­ longent cette tradition. Si Eunape n'a pas commence plus haut, c'est parce que les epoques anterieures sont mieux connues par Ie public cultive et aussi-et surtout !-parce que pour Plotin il disposait de la Vie ecrite par Porphyre: Nous commencerons notre ouvrage a partir de l'epoque pour laquelle il etait possible de decouvrir des indices biographiques ou du moins qui nous fournissait un debut convenable (p.5.16- 17). On voit donc que les periodes qu'Eunape degage dans l'histoire passee de la philosophie sont definies par la qualite de la documenta­ tion accessible. III Nous pouvons maintenant revenir a la comparaison des deux divisions de l'histoire de la philo sophie presentees par Eunape. Dans les deux passages, on peut distinguer quatre periodes successives: I 1. (Des origines) jusqu' a Platon et son temps (cJ. Porphyre et Sotion) ; 2. Vne seconde periode qui des­ cend plus bas que Platon (if. Sotion) ; 3. La moisson intermediaire; 4.