

































 
 

L’INSTRUMENTALISATION ET L’INCIVISME DES DOZO DANS LE DEBAT 
POLITIQUE IVOIRIEN : DES OBSTACLES A LA SECURITE INTERIEURE, AU 
DIALOGUE POLITIQUE ET AU PROCESSUS DE LA RECONCILIATION 
NATIONALE (2002-2015) 

THE INSTRUMENTALIZATION AND INCIVISM OF THE DOZO IN THE IVORY 
POLITICAL DEBATE: OBSTACLES TO INTERNAL SECURITY, TO POLITICAL 
DIALOGUE AND TO THE NATIONAL RECONCILIATION PROCESS (2002-2015) 

* DATRO Okobé Noël 

Enseignant-chercheur d’Histoire contemporaine (Histoire africaine) 
Université Alassane Ouattara, Bouaké (Côte d’Ivoire) 
(225) 0708040031 /0143666981/datronoel@outlook.fr/datronoel1978@gmail.com 

* Dr. BLEY Hyacinthe Digbeugby 

Enseignant-chercheur d’Histoire contemporaine (Histoire politique) 
Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody (Côte d’Ivoire) 
(225) 0707269226/ 0141268098 / hyacinthebley20017@gmail.com 
 

Résumé  

Les Dozo sont des chasseurs traditionnels d’origine Mandé-Bambara et Malinké en Afrique 
de l’Ouest regroupés en une confrérie initiatique et exotérique. Leur existence remonte au 
XIIIe siècle avec la fondation de l’Empire du Mali, dans le Soudan Occidental. Le dozoya 
repose fondamentalement sur la croyance aux divinités (jinh) ou aux génies de la brousse. Les 
Dozo, au terme de leur initiation deviennent des individus peu ordinaires, pacifiquesmais 
craints de tous pour leurs pouvoirs mystiques aigus et du don d’ubiquité qui les caractérise. 
Dotésd’un savoir, savoir-faire et savoir-être, ils se mettent au service de leur communauté. 
Au cours de ces dernières décennies, dans l’histoire sociopolitique de la Côte d’Ivoire, ces 
chasseurs traditionnels se sont illustrés militairement au côté de la rébellion contre le régime 
en exercice, de septembre 2002 à l’entame du second mandat d’Alassane Ouattara, leur 
référent politique, en 2015. Depuis lors, ces supplétifsservent de réservoir militaire potentiel 
disponible au pouvoir en place ;mettant ainsi en péril les fondamentaux de la démocratie et de 
l’Etat de droit. Ainsi, leur intrusion militaire dans le débat politique national leur confère le 
statut de soldats-mercenairesà la solde de l’exécutif. Pour service rendu à la rébellion, ils 
bénéficient d’un traitement particulier et sont intégrés dans l’armée nationale. Ils sont promus 
à des hauts postes dans l’administration civile et militaire du pays. Du coup, ces mercenaires 
peu outillés à la chose républicaine, dans l’exercice de leur nouvelle fonction et au regard de 
l’impunité dont ils jouissent, n’ont cessé de poser des actes de violence contre les populations 
déjà traumatisées et désarçonnées par la crise. Tous ces faits menacent la sécurité intérieure, 
l’unité nationale, la cohésion sociale et le processus de la réconciliation nationale. 
Il se pose alors la problématique de l’intrusion des mercenaires-dozo dans le jeu politique 
national et les actes de violence, de crimes économiques et humanitaires dont ils sont auteurs 
en Côte d’Ivoire.Pour y répondre, l’exploitation rigoureuse et méthodique de plusieurs 
ouvrages et travaux scientifiques en rapport avec notre sujets’est imposée à nous.Aussi, les 
zones du Centre, Nord et Ouest (CNO) assiégées par les rebelleset celles du Sud, dites 
gouvernementales ont servi de cadre d’enquêtes orales auprès de Dozo, chefs coutumiers, 
victimes, femmes, jeunes, autorités administratives et élus locaux. 
Le traitement rigoureux et objectif des informations recueillies a permis de bâtir notre travail 
autour de trois axes principaux. Le premier axe mettra en relief l’intrusion des Dozo dans le 

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 1

mailto:/0143666981/datronoel@outlook.fr/datronoel1978@gmail.com


 
 

débat politique national, à partir de 2002. Le second point se chargera de montrer les actes 
d’incivisme des Dozo au cours de la crise. La dernière partie sera le lieu de présenter l’impact 
de la présence et de l’incivisme des Dozo dans le jeu politique national sur la stabilité du 
pays.  
 
Mots clés : instrumentalisation, incivisme, Dozo, débat politique national,dialogue politique,  
reconciliationnationale.  
 

Abstract  

 
The Dozo are traditional hunters of Mande-Bambara and Malinke in West Africa, united in an 
initiatory and exoteric brotherhood. Their existence dates back to the 13th century with the 
founding of the Mali Empire in West Sudan. The dozoya is fundamentally based on the belief 
in deities (jinh) or bush spirits. The Dozo, at the end of their initiation become unusual 
individuals, peaceful but feared by all for their acute mystical powers and the gift of ubiquity 
that characterizes them. Endowed with knowledge, know-how and interpersonal skills, they 
put themselves at the service oh their community.  
Notwithstanding, during these last decades, in the socio-political history of Côte d'Ivoire, 
these traditional hunters have distinguished themselves in the most violent way (militarily) 
alongside the rebellion against the regime in exercise, of September 2002. at the start of the 
second term of Alassane Ouattara, their political referent, in 2015. Since then, these 
auxiliaries have served as a potential military reservoir available to the power in place; thus 
endangering the fundamentals of democracy and the rule of law. Thus, their military intrusion 
into the national political debate gives them the status of soldiers-mercenaries in the pay of 
the executive. For service to the rebellion, they received special treatment and were integrated 
into the national army. They are promoted to senior positions in the country's civil and 
military administration. Suddenly, these mercenaries little equipped with the republican thing, 
in the exercise of their new function and with regard to the impunity which they enjoy, did not 
cease carrying out acts of violence against the populations already traumatized and 
disconcerted by the crisis. All these facts threaten internal security, national unity, social 
cohesion and the process of national reconciliation. 
This raises the issue of the intrusion of the mercenaries-dozo into the national political game 
and the acts of violence, economic and humanitarian crimes of which they are perpetrators in 
the Ivory Coast. To answer this, the rigorous and methodical use of several books and 
scientific works related to our subject has become obvious to us. Also, the areas of the Center, 
North and West (CNO) besieged by the rebels and those of the South, so-called governmental, 
served as a framework for oral inquiries with Dozo, customary chiefs, victims, women, young 
people, administrative authorities and local elected officials. 
The rigorous and objective treatment of the information collected has made it possible o build 
our work around main axes. The first axis will highlight the intrusion of the Dozo in the 
national political debate, from 2002. The second point will be the place to present the impact 
oh the presence and incivism of the Dozo in the national political game on the stability of the 
country.  

Keywords: instrumentalisation, incivism, Dozo, national political debate,  
political dialogue, national reconciliation. 
 
 
 

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 2



 
 

 

INTRODUCTION  

L’histoire sociopolitique de la Côte d’Ivoire au cours des dernières décennies, principalement 
entre 2002 et 2015, est marquée par l’intrusion des Dozo, des chasseurs traditionnels-guerriers 
d’origine mandé-Bambara et Malinké vivant dans la boucle du Niger. Leur existence en 
Afrique de l’Ouest remonte au XIIIe siècle avec la fondation de l’Empire du Mali. En Côte 
d’Ivoire   (Hellweg, 2012, p163), 

la majorité des Dozo sont des Mandéphones, ceux qui parlent 
des langues mandingues d’Afrique de l’Ouest tels que les 
Bamanankan (le Bambara), le julikan (le Dioula) et les 
Malinkan (Le Malinké), communément appelés Mandinkan. 
Mais on trouve aussi parmi les Dozo, des locuteurs de langues 
gur, notamment leSyemara (le Sénoufo), bien représenté.   

A la fin des années 1980 et en 1990, les Dozo se sont transformés en agents de sécurité privée 
parce que la police ivoirienne s’est montrée impuissante devant l’insécurité grandissante, 
surtout dans les milieux urbains pauvres et dans les campagnes. C’est dire qu’ils étaient déjà 
sortis de leur cadre naturel de prédilection qui est la chasse traditionnelle pour se transformer 
en agents de sécurité privée. Mais, si nous avons choisi 2002 comme notre première borne 
chronologique, c’est pour mettre particulièrement l’accent sur le côté rebelle et guerrier des 
Dozo dans l’histoire sociopolitique et militaire de la Côte d’Ivoire. En effet, ces chasseurs 
traditionnels ont lutté dans les rangs de l’armée des forces nouvelles pendant la rébellion de 
2002 qui portera au pouvoir Alassane Ouattara après une crise post-électorale sans précédent 
en 2011. Ainsi, dès son accession au pouvoir avec le soutien de ces soldats supplétifs, le 
président Alassane Ouattara met-t-il en place une nouvelle politique militaire qui nécessite le 
recrutement de certains d’entre eux pour l’armée nationale.  

On comprend dès lors que leur intervention dans le jeu politique national est à mettre à l’actif 
d’une classe politique qui aspire au pouvoir d’Etat par les moyens anticonstitutionnels, alors 
que la politique n’est pas, par essence, leur domaine de compétence. Recrutés alors comme 
des militaires supplétifs par cette classe politique qu’ils considèrent comme leur référent 
politique dans sa course effrénée au pouvoir d’Etat, ces dozo-mercenaires se font remarquer à 
tous égards sur le théâtre des opérations contre les populations des zones assiégées, dans le 
Centre, Nord et l’Ouest (CNO) du pays et même dans certaines localités gouvernementales1. 
Leurs agissements peu cordiaux et très violents confisquent les droits fondamentaux des 
citoyens, entre autres, la libre circulation des biens et des personnes, la liberté d’expression, 
d’opinion, d’association et le droit à la vie. Du coup, le tissu social et l’unité nationale, 
facteurs de stabilité politique légendaire dont se réclamait la Côte d’Ivoire dans la sous-région 
ouest-africaine,ont du mal à se reconstituer et menacent le dialogue politique inclusif et 
fragilisent les efforts déployés pour réconcilier les Ivoiriens.  

    Il se pose alors, dans ce sujet, la question centrale de l’immixtion des chasseurs 
traditionnels dozo sur la scène politique nationaleen Côte d’Ivoire et les violences sous toutes 
ses formes perpétrées contre les populations au cours de la période entre 2002, date du 
déclenchement de la rébellion armée et 2015, le début du deuxième mandat du président 

                                                             
1
 La rébellion armée menée par des mercenaires contre le pouvoir de Laurent Gbagbo en 2002 a entrainé la 

partition du pays avec d’un côté les zones Centre-Nord et Ouest (CNO) contrôlées par les rebelles et les zones 
du sud placées sous l’autorité du l’exécutif en exercice. Cette division du territoire national en deux parties 
antagonistes, pour des raisons politiques a créé une fracture sociale profonde entre les Ivoiriens.   

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 3



 
 

Alassane Ouattara, leur référent politique. Autrement dit,en quoi le recrutement des Dozodans 
le jeu politique et leurs actions sur le terrain politique constituent des menaces à la sécurité, au 
dialogue entre les classes politiques et la consolidation de la cohésion sociale ?  

    Dans notre souci de répondre à cette problématique, nous avons exploité plusieurs ouvrages 
se rapportant à certains pans de notre sujet ou nous orientant vers certaines pistes 
d’informations nécessaires à l’élaboration de ce travail. Des ouvrages d’auteurs spécialistes de 
la question des Dozo ont été exploités. Il s’agit, à titre d’exemple, des ouvrages de (Manzon, 
2014), ceux de (Soro, 2005), de (Helleweg, 2012), de (Youssouf,1994) et de (Guyon,2015). 
Dans leurs travaux, ces auteurs ont axé leurs réflexions sur l’origine des Dozo, le 
fonctionnement ancestral de la confrérie et leur implication dans les crises sociopolitiques en 
Afrique de l’Ouest, dans un contexte du multipartisme en Afrique. Particulièrement 
(Guynon,2015) et (Varlène, 2012) ont insisté sur leur intrusion dans le débat politique 
national ivoirien et les conséquences de leurs agissements et comportements sur le terrain des 
combats.  L’ouvrage de (Xavier Renou, 2005) nous a été d’un intérêt capital parce que dans sa 
démarche, l’auteur nous a permis de comprendre le fonctionnement des mercenaires et 
sociétés militaires privées au service du marché dans les crises sociopolitiques qui ont secoué 
les Etats à travers le monde. Des actes de colloques, des mémoires, thèses et articles 
scientifiques ont été également exploités.  

    Entre autres, nous pouvons citer les Actes du colloque du(Centre de Documentation et de 
Recherche sur la Paix et les Conflits, 2000), de (Datro et al, 2018). Ces travaux scientifiques 
ont pointé du doigt les actes de violences et d’incivisme des mercenaires recrutés par des 
sociétés privées qui engagent des militaires, dans la plupart des cas, à la retraite ou des 
mercenaires Kamajors et Dozo qui ont sévi dans les conflits politiques armés en Afrique.           
Au surplus, la question du concept d’« Ivoirité » abordée par (Boa Thiémélé, 2015, p39) nous 
a fait comprendre que mal utilisé et sorti de son contexte est contribué, de loin, à la fracture 
sociale et à  l’unité nationale. D’ailleurs, l’auteur le démontre en ces termes :  

L’ivoirité culturelle etpolitique est une idée grandiose qui n’a 
pas réussi à concrétiser les institutions bienveillantes de ses 
créateurs. Elle a subi également le destin d’une mal comprise, 
mal présentée et nécessairement mal critiquée.   

     L’ensemble de ces ouvrages consultés a été très capital dans notre travail. Toutefois, nous 
avons ouvert nos recherches sur d’autres sources, notamment, les sources orales. En effet, 
nous avons fait un travail de recherches sur le terrain des enquêtes orales, auprès des 
personnes ressources, à savoir, les ex-rebelles Dozo, des autorités coutumières, des 
animateurs de la scène politique, agents des forces de l’ordre et de sécurité et quelques 
victimes. Les informations recueillies ont permis de comprendre les violences avec lesquelles 
les mercenairesDozo se sont imposés aux populationsdes zones sous contrôle rebelles et 
même sur celles de certaines localités placées sous l’autorité de l’exécutif.  

Nous avons, par la suite, fait un croisement de toutes les informations recueillies tant dans les 
ouvrages, publications scientifiques que dans les témoignages oraux des différentes localités 
parcourues. L’analyse objective et la consolidation de toutes ces informations écrites et orales 
ont permis de dégager un plan tripartite. Dans la première partie, il sera question de porter un 
regard sur l’intrusion des Dozo dans le jeu politique national. En second lieu, les actes 
d’incivisme des Dozo constituera l’essentiel de notre analyse. La troisième et dernière partie 
portera sur l’impact de l’immixtion des Dozo dans le débat politique et leurs actes d’incivisme 
sur la cohésion sociale, la sécurité intérieure et la réconciliation nationale.  

 

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 4



 
 

 

I. L’INTRUSION DES DOZO DANS LE JEU POLITIQUE NATIONAL  

La présence des chasseurs traditionnels dozo sur la scène politique, à partir de 2002, leur 
recrutement dans les rangs des forces armées rebelles et leur formation particulière au métier 
de la guerre constitueront les idées à développer dans cette première partie.  

 
 1. Les motivations 
 

     Plusieurs raisons expliquent l’intrusion de la confrérie initiatique des Dozo sur la scène 
politique nationale. Ces raisons sont ethno-identitaires, religieuses et politiques, dans un 
contexte conflictuel au sommet de l’Etat.  
    En Côte d’Ivoire, les questions politiques qui devraient se faire selon les principes 
fondamentaux de la démocratie et de l’Etat de droit, ont malheureusement fait place, aux 
rivalités ethniques et identitaires entre les différents référents politiques qui ont attiré avec 
eux, leurs bastions politiques, militants et sympathisants. 
En effet, une crise identitaire s’installe dans les habitudes des populations du Nord de la Côte 
d’Ivoire qui se sentent marginalisées par les différents pouvoirs au sommet de l’Etat. Mais 
cette position tranchée d’une frange de la population ivoirienne du Nord se justifie 
particulièrementpar les candidatures aux différentes présidentielles des dernières décennies au 
cours desquelles aucun acteur politique originaire du nord, en pays malinké et sénoufo n’a 
accédé au pouvoir d’Etat. Le cas du candidat Alassane Ouattara qui a vu sa candidature 
rejetée par la Cour Suprême, pour « nationalité douteuse » (Datro et al, 2018, p.43) lors du 
scrutin de 2000. Cette situation jugée inconfortable de leur référent politique, Alassane 
Ouattara, qui aspire au pouvoir d’Etat entrainera la mise à jour de la charte anonyme du Nord 
en veilleuse depuis 19912.A (Sandlar, 2005, p.297-298) d’ajouter que : 

Cette charte tire son argument du sous-développement du Nord 
pour présenter les populations autochtones comme des individus 
exclus du développement par l’autorité politique suprême et 
tente de faire de semblable posture, un ressort de mobilisation 
important.  

    Particulièrement les Dozo d’origine Mandé-Bambara et Malinké ne se feront pas prier, au 
nom de leurs accointances ethniques et identitaires pour soutenir le Rassemblement des 
Républicains (RDR) parti politique de leur mentor politique, Alassane Ouattara, dans cette 
lutte effrénée vers le fauteuil présidentiel. D’ailleurs, le chef rebelle, (Soro Guillaume, 2005, 
pp.17 et 21) soutient et explique cet état de fait dans ces lignes :  

 Deux raisons essentielles m’ont décidé à prendre les armes le 
19 septembre 2002 pour appeler au retour de la démocratie 
dans mon pays.La première remonte aux calamiteuses élections 
présidentielles d’octobre 2000 en Côte d’Ivoire. Ces élections 
n’ont pas été légitimement remportées par Lurent Gbagbo, 
l’actuel occupant du fauteuil présidentiel (…).  
Ce qu’on appelle l’ivoirité n’a été inventé que pour empêcher 
cet homme dérangeant de se présenter. Mais par ricochet, les 
bazookas du discours anti-Ouattara se sont retournés contre 
l’ensemble des Ivoiriens originaires du nord du pays.  

                                                             
2
 La Charte du Nord intitulée « Le Grand Nord en marche » est accueillie avec enthousiasme dans leur grande 

partie par les populations du Nord. Elle est diffusée dans toutes les localités de cette partie de la Côte d’Ivoire 
sous forme de tract et d’extraits dans des journaux de la place qui leur sont proches.  

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 5



 
 

C’est vrai que ces raisons évoquées par Soro Guillaume et les considérations d’exclusion 
soutenues par la Charte du Nord ont largement contribué à l’intrusion des Dozo sur la scène 
politique en Côte d’Ivoire. Mais il convient de souligner que d’autres raisons sont à l’origine 
de l’immixtion des Dozo dans les affaires politiques du pays du côté des forces rebelles.  A 
croire aux témoignages de Coulibaly Fousseni, les supplétifs-mercenaires dozo n’avaient 
jamais été intéressés par la politique. Ce sont leurs frères ressortissants du nord qui les ont 
mobilisés massivement pour chasser Gbagbo Laurent du pouvoir, parce que dans les pays 
voisins, comme au Mali, en Guinée et en Sierra Leone, les Dozo ont amélioré leurs conditions 
en prenant les armes pour chasser des présidents du pouvoir.                        

Pour nous les Dozo, la cherté de la vie et les conditions 
misérables dans lesquelles nous vivons par rapport aux autres 
franges de la population, la prise des armes dans les affaires 
politiques est un moyen sûr pour améliorer leur situation de vie 
grâce au butin de guerre amassé pendant la rébellion3. 

Ces chasseurs traditionnels, désormais acquis à la cause du candidat Alassane 
seront recrutés en masse pour préparer l’offensive militaire contre le pouvoir 
de Laurent Gbagbo, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.  
 
 2. Le recrutement des mercenaires-Dozo 
 
    La recrudescence des opérations mercenaires et le développement de la privatisation de la 
guerre justifient l’élaboration d’un état des lieux de l’emploi du mercenariat (CDRPC, 2001, 
p.3).La Côte d’Ivoire au cours de ces dernières décennies, dans l’histoire desa vie 
sociopolitique n’est pas en marge de l’emploi des supplétifs militaires qualifiés de 
mercenaires. En effet, des acteurs de la scène politique opposés à la gestion du pouvoir par 
l’exécutif en exercice, ont recruté en nombre important, des chasseurs traditionnels Dozo, 
sous la bannière ethnique, religieuse et identitaire. Mais comment se faisait le recrutement des 
Dozo au sein de la confrérie ? Qui était chargé de leur recrutement ? Telles sont les questions 
essentielles qui guideront notre analyse à ce niveau de notre travail.  
En réponse à ces questions,Draman Ouattara explique que 

le recrutement était l’affaire de l’état-major de la rébellion. Cet 
état-major était composé de militaires déserteurs originaires du 
nord du pays et anciennement engagés dans l’armée nationale, 
dans la majorité des cas. Les plus actifs dans notre recrutement, 
nous les DozoétaientWattao et Koné Zakaria 4.   

Ces chefs rebelles, selon les témoignages, parcouraient les villages dozo pour confier cette 
mission, au niveau local, aux dozoba5. A leur tour, ces Dozobase chargeaient de mobiliser 
ceux qui allaient servir de mercenaires dans les rangs des forces armées de la rébellion. Nos 
                                                             
3 Entretien du 10 juillet 2021, 10h 45-11h 20 à Korhogo 
4 Entretien du 10 juillet 2021, 16h25-17h40, Kolia 
5 La confrérie des Dozo est socialement hiérarchisée mais homogène.  Elle est divisée en 
trois couches sociales avec à la tête, les anciens, les vieux dozo qui sont les dépositaires des 
pouvoirs mystiques et de la tradition. Agés de 50 ans et plus, ils sont au premier rang de 
l’initiation des jeunes candidats au dozoya. 
Les jeunes adultes sont au niveau intermédiaire. Ils ont entre 25 et 50 ans révolus. Initiés au 
métier de la chasse traditionnelle et de la guerre, ils constituent la classe guerrière de la 
confrérie. Ils sont chargés d’assurer la sécurité et la protection et la libre circulation des 
biens et des personnes au sein de la confrérie.  
Au bas de l’échelle, nous avons les Pousse. C’est la classe des adolescents âgés de 18 à 25 
ans au maximum. Ils sont candidats au dozoya ou nouvellement initiés qui ont la charge de 
conduire les bétails et de préparer le sol pour les activités agricoles. C’est la masse 
productrice des biens de consommation en dehors du butin de chasse.  

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 6



 
 

témoignages évoquent que le nombre des mercenaires dozo recrutés variait d’un village à un 
autre et pouvait atteindre parfois deux cent ou trois cent selon les localités. La sélection de ces 
combattants obéissait à des critères bien définis et connus de tous au sein de la confrérie.                 
Il s ’agit des critères d’âge, de bravoure, de loyauté et de confiance, tout reposant sur 
l’initiation originelle au dozoya.  
  Toutefois, dans les zones assiégées du Centre, Nord et Ouest et même dans certaines 
localités sous gouvernementales, des individus enrôlés de force par les chefs rebelles ou ayant 
pris volontairement la décision d’adhérer à la confrérie, dans un contexte conflictuel au 
sommet de l’Etat, ont été initiés au dozoya et ont intégré les forces armées rebelles (Datro, 
2017). Ayantintégré les forces armées rebelles par la force ou par la volonté individuelle, pour 
des raisons diverses, les Dozo ont subi une formation particulière.  
 
 3. La formation des mercenaires  
 
   La formation des combattants est une étape importante dans la marche vers la prise du 
pouvoir par les armes, en ce sens que les enseignements étaient bien définis et les messages 
bien choisis de nature à les préparer militairement contre les forces loyalistes et contre toutes 
formes de résistances des populations des localités visitées. La formation s’est déroulée tant 
au niveau local qu’au Burkina Faso, qui a servi de base arrière aux rebelles au cours des 
hostilités etla déstabilisation du pouvoir en place. La formation s’est déroulée en deux étapes : 
la formation mystique et la formation militaire.  
    La formation mystique des combattants dozo relève exclusivement de la compétence des 
Dozoba. En effet, en plus de l’initiation habituelle reçue, ils sont soumis à des rituels 
spécifiques, pour se protéger des offensives adverses et pour renforcer certains pouvoirs, 
notamment celui d’ubiquité. La formation pouvait durer, selon les cas, un mois ou un peu 
plus. A l’issue de cette première étape de formation qui se déroulait sur le territoire ivoirien, 
dans les localités du nord, zone d’habitation par excellence des Dozo, les futurs combattants 
étaient convoyés par centaines dans les camps de formation, aux frontières ivoiro-burkinabè, 
créés pour la cause. On leur apprenait les premiers rudiments des techniques de combat 
(moderne), le maniement des armes sophistiquées et la discipline au côté de leurs frères 
d’armes avec qui ils devraient former l’armée des forces rebelles, une fois la formation 
achevée. 
L’Etat-major commis à la formation militaire était composé d’anciens militaires ivoiriens à la 
retraite originaires du nord du pays et des déserteurs qui avaient pris fait et cause pour 
leurleader et candidat Alassane Ouattara et pour son parti politique, le RDR. Les propos de 
Drame Daouda Sidiki6 en disent clairement :  

Nous avons reçu deux types de formation, la première étape de 
formation était typiquement mystique. Il a été question de 
renforcer nos pouvoirs mystiques parce qu’on devrait combattre 
dans des localités que nous ne connaissions pas. Nos frères 
militaires en activité ou non nous ont apporté un soutien 
important dans notre formation. Ils se sont chargés de nous 
donner les bases essentielles, dans une courte durée, les 
techniques de combat moderne.  
Avec nos pouvoirs mystiques connus de tous et notre statut de 
chasseurs traditionnels et guerriers qui font de nous des 
individus craints et vénérés par les autres, nous étions prêts 

                                                             
6
Entretien du 29 juin 2021, 16h21-18h10 à Bouaké 

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 7



 
 

pour la mission qui devrait nous être confiée par notre état-
major, une fois sur le terrain des opérations.  

A l’issue de leur formation et mis dans les conditions optimales de guerre 
contre le gouvernement en exercice, les combattants Dozovont se faire 
remarquer de façon violente sur le terrain des opérations.  

 
II. LES ACTES D’INCIVISME DES DOZO EN COTE D’IVOIRE ENTRE 2002 ET 
2015  

Dans leur offensive militaire contre le gouvernement d’Abidjan, les combattants dozoont posé 
d’énormes actes d’incivisme contre les populations et contre l’autorité de l’Etat, à plusieurs 
égards.  

   1. La désacralisation et la défiance de l’autorité des chefs coutumiers des zones 
assiégées  

La feuille de route des forces rebelles était bien définie et expliquée par l’état-major de la 
rébellion et connue des rebelles, avant les hostilités de septembre 2002.  

Dans leur mission, les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) dont faisaient partie les 
Dozo recrutés et formés, avaient pour mission essentielle de soumettre tous les villages, 
hameaux et villes du pays dans leur majorité acquis à la cause du président Laurent Gbagbo, 
pour créer un climat de panique générale et de désespoir, afin de les mettre en situation de 
déroute et les soumettre aux sons des armes. Ainsi, dans leurs offensives militaires, les Dozo, 
au vu de leurs pouvoirs mystiques originels connus de tous et donc capables de faire blocage à 
tous les obstacles aussi mystiques dressés sur leur chemin par les populations des zones à 
assiéger,étaient au premier plan de la destruction des lieuxde rituels sacrés (grottes, eaux, 
arbres, pierres, etc.) des villages attaqués. En procédant ainsi, ces chasseurs traditionnels-
mercenaires cherchaient à maitriser la situation et à créer aussi facilement que possible les 
conditions de progression et d’occupation du territoire national de la branche militaire de la 
coalition des forcesmilitaires étrangères qui les soutenaient dans leurs actions 
(Guyon,2015).Les populations prises de panique et désarçonnées par l’arsenal militaire des 
Dozo et leurs tenues vestimentaires dissuasives sur lesquelles étaient gravés des ornements de 
tout genre (cauris, ergots de coqs, queues et peaux séchées d’animaux, amulettes, sifflets)ne 
pouvaient que fuir leurs villages laissant derrière eux leurs lieux de cultes et d’adoration entre 
les mains des Dozo qui n’ont aucunement eu des difficultés pour les détruire ou emporter 
certains objets sacrés avec eux.  

   Aussi, dès leur entrée fracassante dans les villages, ils faisaient arrêter et prisonniers, dans 
des conditions humiliantes, les autorités coutumières qui n’avaient pas eu le temps de fuir le 
village avant leur arrivée. MondankanGnonsonpan Michel7 martèle à ce titre que :  

Les Dozo ont trouvé le village de Guitrozon déjà meurtri et 
affaibli. Les populations ont fui le village sans protection et ont 
envahi les forêts, pour préserver leurs vies. Ceux qui n’ont pas 
eu la chance de fuir avant leur arrivée etnous, responsables de 
jeunesse et les chefs des villages qui n’avons pas voulu 
abandonner nos populations, par devoir moral, sont restés sur 
place.Nombreux parmi nous ont été assassinés ou faits 
prisonniers dans les camps de concentration à Man ou à 

                                                             
7 Entretien du 17 mai 2021, 09h20-10h31 à Guitrozon 

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 8



 
 

Duékoué, dans des conditions inhumaines qui bafouent notre 
dignité. 

   Dans le même ordre d’idée, la déclaration de GnabroGnagbo Jules8, chef du village en 
second de Gnagbodougnoa est révélatrice et confirme notre argumentation : 

Avec la présence des Dozo dans nos villages, les militaires 
rebelles d’Alassane Ouattara, nous n’avons plus droit à la 
parole parce qu’ils ont pris le pouvoir en Côte d’Ivoire. Non 
seulement ils ont détruit nos forêts sacrées, mais ils géraient les 
villages comme leur bon vouloir au dépend des chefs que nous 
sommes. L’appareil judiciaire traditionnel du village et la prise 
de décisions face à une situation donnée étaient l’affaire des 
chefs rebelles dozo qui ont érigé des barrages ou corridors 
militaires aux entrées et sorties de nos villages.   

    Les actes d’incivisme notoires des Dozo se traduisaient aussi par le fait qu’ils se 
constituaient enForces de Défense et de Sécurité de l’armée régulière (FDS) dans leurs actions 
de soutien militaire au mouvement politique de leur leader. 

2. Les Dozo, substituts des forces armées régulières  

    Comme il est transcrit dans la constitution qui régule la vie des Etats à travers le monde, la 
mission régalienne d’une armée nationale, c’est d’assurer la défense de l’intégrité territoriale, 
d’assurer la protection et la libre circulationdes biens et des personnes. En outre, l’armée 
nationale contribue au processus de développement socio-économique des Etats qui se veulent 
sérieux. En conséquence, aucune institution ou un groupement de soldats (militaires) 
illégalement constitué, dans un contexte conflictuel au sommet de l’Etat, ne peut prétendre 
jouer ce rôle régalien.  

Malheureusement, la Côte d’Ivoire, dès le déclenchement de la rébellion en 2002 s’est 
retrouvée dans une situation déplorable du point de la sécurité intérieure. Les militaires qui 
combattaient dans les rangs des rebelles avant même leur intégration dans l’armée nationale 
ivoirienne au lendemain de la signature de l’Accord de Ouagadougou, en 2007, se faisaient 
passer pour des militaires réguliers et avec cette posture illégale posaient des actes qui défient 
l’autorité militaire ou même les reléguaient au second plan, dans les zones placées sous leur 
contrôle.  

   L’administration militaire ayant été contrainte de fuir les villes ou ses postes pour sa 
sécurité aux sons des kalachnikovs et des armes lourdes était systématiquement remplacée par 
celle des rebelles. Dans les commissariats de police nationale, dans les brigades de la 
Gendarmerie, mieux dans les casernes, l’armée des rebelles dont les Dozo étaient en amont et 
en aval du fonctionnement des services administratifs. Ils détenaient l’appareil judiciaire dans 
les commissariats des zones assiégées à leur bon vouloir, sans en être inquiétés. Sans aucune 
procédure judiciaire au préalable, pourvu que l’affaire leursoit transmise, lesDozo, se 
donnaient les moyens à tort ou à raison de condamner les présumés coupables des délits qui 
leur sont reprochés. Les témoignages de KapéZahui Edouard et de LobrégnonGazoa Jules 
sont édifiants et irréfutables9.  

                                                             
8Entretien du 10 août 2021, 12h32-14h00 à Gnagbodougnoa 
9
 Entretiens des 14 juin 2021, 10h41-12h00 et 14 juin 2021,15h21-16h08 14 juin 2021, 15h21-

16h08 à Abidjan 

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 9



 
 

Des militaires rebelles et les Dozo surtout étaient devenus des 
maitres des lieux qui contrôlaient tout. Ils occupaient les 
commissariats et les corridors aux entrées et sorties des villes, 
au cours des voyages, des barrages payants étaient érigés sur 
les tronçons. Même dans les cars et autres moyens de transport, 
la scène était identique.  

3. Les Dozo, auteurs de viols, crimes économiques et humanitaires  

    Dans leur marche militaire pour l’installation de leur leader, Alassane Ouattara dans le 
fauteuil présidentiel, les Dozo ont commis plusieurs actes qualifiés d’actes de viols, de crimes 
économiques et humanitaires. Les institutions de l’Etat ayant été mises sous l’éteignoir dans 
la plupart des cas, les populations étaient désormais à la merci des rebelles Dozo qui 
écrasaient tout sur leur passage dans une impunité indescriptible.  

  Selon (Amnesty International, 2012), l’Ouest montagneux ivoirien porte le lourd fardeau de 
la crise sociopolitique ivoirienne. Des femmes, par plusieurs dizaines, dans les villages, 
livrées à elles-mêmes, ont subi des actes de viols sexuels par les rebelles sous l’effet des 
stimulants et drogue qui leur ont été administrés. Il est difficile d’établir, avec exactitude, le 
nombre de femmes violées sexuellement par les Dozo dans les villages. Toutefois, il convient 
de retenir, avec certitude, que des victimes, de tout âge (jeunes filles, femmes adultes et de 
troisième âge) se comptaient par dizaine dans les villages. Particulièrement les témoignages 
font état de ce que dans la localité de Guéhombli, dans la seule journée du 30 septembre 2002, 
onze femmes ont été sexuellement abusées par les rebelles dans leurs camps de concentration 
qu’ils ont créés dès la prise de l’ouest ivoirien.  

Au niveau économique, les rebelles dont les Dozoprélevaient les impôts, rançonnaient les 
populations rurales et assuraient le convoi des produits agricoles (café, cacao, hévéa, 
anacarde, huile de palme, etc.) vers les pays voisins, comme le Mali, le Burkina Faso et la 
Guinée.  GnonsoaKapieu Irène10 explique clairement ceci :  

 Nous avons tout perdu, nous les femmes dans nos villages. Nos 
produits agricoles ont été détruits, brûlés ou emportés par les 
rebelles. Les greniers et les magasins de stockage de nos 
produits agricoles ont été brûlés. Même les bétails de nos maris 
ont été emportés par eux. Nous sommes restés sans vivres dans 
les villages. Leurs actes ont été des actes gravement méchants.   

   Au-delà de la région de l’ouest, tout le pays a subi les affres de la crise sociopolitique au 
niveau économique. La partition du pays, par exemple, avec le Nord sous contrôle rebelle et 
le sud, la zone gouvernementale a causé d’énormes préjudices économiques. Les impôts et 
diverses taxes étaient prélevés et gérés par l’administration de la rébellion dans le Nord sous 
le regard impuissant du gouvernement dans le sud. Nombreux sont les Dozo qui ont tiré de 
gros bénéfices économiques de cette situation. Dans les villages, les populations étaient 
rançonnées et leurs plantations et terres étaient confisquées ou mise en valeur de force par les 
Dozo. 

  Au surplus, à l’apparition des Dozolourdement armés dans les villages, les populations déjà 
affaiblies, paniquées et traumatisées psychologiquement et moralement par les détonations 
des armes lourdes et les vrombissements des chars de combat fuyaient, par masse, vers les 
centres d’accueil des déplacés, dans les forêts ou vers les pays voisins, laissant derrière elles 

                                                             
10

 Entretien du 18 mai 2021, 14h25-16h00 à Guitrozon 

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 10



 
 

leurs biens. Les centres d’accueil étaient bondés de monde et étaient militairement occupés 
par les rebelles dozo qui les traquaient jusqu’à leur dernier retranchement.  

    Tous ces actes d’incivisme, particulièrement des Dozo, ne pouvaient que fragiliser les 
acquis en termes de sécurité intérieure, de dialogue politique et du processus de la 
réconciliation nationale.  

III.L’INTRUSION ET L’INCIVISME DES DOZO DANS LE JEU POLITIQUE : 
UNE MENACE A LA SECURITE INTERIEURE, LA COHESION SOCIALE 
ETLA RECONCILIATION NATIOALE  
La présence des Dozo sur la scène politique et les actes d’incivisme dont ils sont auteurs ont 
obstrué le chemin de la sécurité intérieure, du dialogue politique, de la cohésion sociale et de 
la réconciliation nationale.  

1. La menace de la sécurité intérieure  
La première victime d’un conflit sociopolitique et militaire dans un pays, c’est bien la sécurité 
nationale.La désagrégation de la sécurité nationale se justifie par la prolifération des armes 
légères et la montée du phénomène des coupeurs de route sur l’ensemble du territoire 
national. A cela, faut-il ajouter la recrudescence de la violence et la montée du phénomène des 
enfants-soldats.   
En effet, très actifs dans leur soutien militaire aux Forces Armées des Forces Nouvelles 
(FAFN) pour la conquête du pouvoir d’Etat d’Alassane Ouattara et sa consolidation, les 
Dozoont dû user de leurs pouvoirs mystiques et de la formation militaire acquise pour jour 
pleinement leurs rôles et pour conduire avec efficacité la feuille de route qui leur était 
assignée, sur le terrain. Cette stratégie militaire a consisté à recruter de force, des enfants-
soldats des zones assiégées qu’ils ont intégrés aussitôt au sein des FAFN, pour augmenter 
leurs effectifs militaires (Bailly, 2016).  
   La sécurité publique était aussi menacée par la prolifération et la circulation des armes 
légères dans la quasi-totalité des régions du pays. Certains parmi les enfants-soldats recrutés 
de force par les Dozo qui n’ont pas été démobilisés et réinsérés dans le tissu 
socioprofessionnel en Côte d’Ivoire ont gardé leurs armes avec lesquelles ils opéraient 
nuitamment sur les routes.  La Côte d’Ivoire fait d’ailleurs partie des pays ouest-africains où 
la circulation et la prolifération des armes légères en période post-crise (Berhezan, 2013). 
Tous ces facteurs sont de nature à confisquer la libre circulation des biens et des personnes 
dans le pays.  
 
 2. Les dangers du dialogue politique post-conflit  

Le recrutement et l’incivisme des Dozo sur la scène politique en Côte d’Ivoire a jeté un 
discrédit sur la question de l’existence d’un groupe paramilitaire illégalement formé dans un 
Etat de droit.Leur présence dans le jeu politique est le symbole de la légitimation des armes en 
lieu et place du dialogue politique autour duquel devrait logiquement, au nom de la 
démocratie, du respect des lois fondamentales et de l’alternance politique, se construire le 
débat politique entre les acteurs. Ces forces paramilitaires dozo qui constituent un réservoir 
potentiel pour le pouvoir en place sont régulièrement mis en mission par celui-ci pour faire 
régner la force là où il y a des poches d’opposition en gestation ou en reconstruction (Varlène, 
2012).  

Il n’en demeure pas moins avec leur insertion dans le tissu socioprofessionnelau plus haut 
niveau de l’appareil administratif militaire de l’Etat. Dans un tel contexte, le dialogue 
politique entre les acteurs principaux de la vie politique nationale devient un leurre ; chacun 
étant campé sur sa position, entrainant avec eux, dans leur position figée, leurs militants et 
sympathisants prêts à découdre avec la famille politique adverse.  

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 11



 
 

           3. La menace de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale post-conflit  

    La cohésion sociale et la réconciliation nationale sont des valeurs importantes et à 
consolider dans la vie d’un Etat en proie à des crises sociopolitiques et militaires mais qui 
cherche à se reconstruire à tous égards, comme la Côte d’Ivoire. Ces valeurs constituent le 
socle de l’unité nationale entre les populations peu importeleurs appartenances régionales, 
religieuses, professionnelles et politiques. Malheureusement, à cause de l’impunité et la 
promotion dont bénéficiaient les Dozo, le fossé de la fracture sociale s’est agrandi.  

Les efforts déployés pour créer les conditions de la réconciliation nationale battent de l’aile 
parce que les milices-dozo continuent jusqu’à présent de ne pas être inquiétés par la justice. 
Mais mieux, ils constituent encore un réservoir militaire potentiel prêt à toutes éventualités 
pour le compte du président Alassane Ouattara, en l’entame de son second mandat 
présidentiel, en 2015. Or, la cohésion sociale et la réconciliation nationale exigent des acteurs 
de la vie politique ivoirienne le divorce d’avec le recours permanent aux milices Dozo ou 
autres groupements paramilitaires pour la conquête du pouvoir d’Etat, parce que la politique 
ne relève pas du    domaine d’existence de la confrérie. Nombreux parmi ces chasseurs-
milices qui n’ont pas été intégré dans l’armée nationale ou qui n’ont pas bénéficié d’un 
traitement particulier favorable de la part du gouvernement en exercice ne tardent pas à 
réclamer violemment, à coups de fusils, par la prise des actes de violence, leur dû pour service 
rendu à la rébellion. 

   A Drame Daouda Sidiki d’expliquer les raisons de l’échec de la réconciliation nationale et 
de la cohésion sociale, entre 2002 et 2015, lorsqu’il dit ceci : 

le président Alassane Ouattara devrait d’abord se réconcilier 
avec nous les Dozo qu’il a laissés dans la misère. Nous qui 
l’avons porté au pouvoir au prix de notre sang, nous sommes 
oubliés. Qu’est-ce qu’ont fait de si spécial ceux à qui il a donné 
du travail ou de l’argent après la crise par rapport à nous ? 
Mais notre silence devrait l’interpeler et l’amener à comprendre 
qu’il y a une partie des Dozo qui l’ont porté au pouvoir n’est 
pas contente11.   

    Au regard de ce qui précède, nous sommes à mesure de dire que la sécurité publique, le 
dialogue politique, la cohésion sociale et le processus de la réconciliation sont menacés et le 
spectre de l’instabilité politique plane encore sur le pays.   

 

CONCLUSION  

   La rébellion militaire a plongé la Côte d’Ivoire dans un état chaotique, entre 2002 et 2015. 
Recrutés par leur état-major, par plusieurs centaines, au sein des Forces Armées et des Forces 
Nouvelles, en vue d’apporter un soutien militaire au mouvement politique de leur mentor, 
Alassane Ouattara, le groupement paramilitaire dozo, des chasseurs traditionnels d’origine 
Mandé-Bambara et Malinké ont fait irruption dans les affaires politiques du pays. Leurs 
agissements peu cordiaux et violents sur le théâtre des opérations ont négativement affecté la 
vie du pays à tous égards. Des efforts déployés de part et d’autre par les acteurs de la scène 
politique pour la restauration de la sécurité intérieure, le dialogue politique inclusif, la 
cohésion sociale et la réconciliation nationale éprouvent d’énormes difficultés dans leur 
exécution.                     Les milices-dozo, non seulement, sont intégrés dans l’appareil 

                                                             
11

 Entretien du 29 juin 2021, 16h21-18h10 à Bouaké  

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 12



 
 

militaire administratif au plus haut niveau, mais,certains parmi eux constituent 
malheureusement encore des forces potentielles non démantelées qui menacent 
l’assainissement du débat politique national et la vie du pays.  

Sources et bibliographie indicatives  

1. Sources orales  

N°    Nom et prénoms  Age  Fonction/statut Thèmes traités Dates, heures et 
lieux des entretiens 

1 Anonyme -  Ancien ministre 
ivoirien de 2000 à 
2002 et  

L’impact de la 
rébellion et de la 
présence des Dozo 
dans le jeu politique 
ivoirien sur le 
processus de la 
réconciliation 
nationale 

14 août 2021, 
11h21-12h00, 
Abidjan  

2 Coulibaly 
Fousséni 

75 ans  Dozoba (vieux 
Dozo) membre du 
bureau de 
l’association des 
Dozo de Korhogo   

Recrutement, 
formation des Dozo 
pour l’armée de la 
rébellion et leurs 
actions sur le terrain 

10 juillet 2021, 
10h 45-11h 20, 
Korhogo  

3 Draman Ouattara 73 ans  Dozoba (Vieux 
Dozo) membre du 
collège des 
anciens chargés 
de l’initiation des 
Dozo de Kolia 

Rituels initiatiques au 
dozoya 
 
Les devoirs et 
obligations du Dozo 
dans la société 
 
 

10 juillet 2021, 
16h25-17h40, 
Kolia 

4 Drame Daouda 
Sidiki 

45 ans Dozo, ex-
combattant 
démobilisé, 
membre de la 
cellule 39 de 
Bouaké 

Les raisons du 
recrutement des Dozo 
au sein de l’armée de 
la rébellion 
Le traitement des 
Dozo post-conflit 

29 juin 2021, 
16h21-18h10, 
Bouaké  

5 KapéZahui 
Edouard 

58 ans Adjudant de la 
Gendarmerie   

Les rapports entre les 
forces de défense et de 
sécurité et les 
mercenaires Dozo au 
cours des patrouilles 
mixtes  
 

14 juin 2021, 
10h41-12h00,  
Abidjan  

6 LobrégnonGazoa 
Jules 

70 ans  Militaire à la 
retraite 

Les dangers de 
l’intrusion des 
mercenaires Dozo sur 
la scène politique 
ivoirienne  

14 juin 2021, 
15h21-16h08, 
Abidjan  

7 Maméri Diomandé 
Issa 

65 ans  Membre du 
conseil des 

Les rapports chefferies 
traditionnelles/ 

18 mai 2021, 
10h21-

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 13



 
 

notables de 
Kpanpleu 

mercenaires Dozo 
dans les zones 
assiégées 

12h14,Kpanpleu 
(Danané)  

8 MondankanGnons
onpan Michel 

41 ans  Président des 
jeunes de 
Guitrozon 

La présence des Dozoà 
Guitrozonet son 
impactsur les 
populations locales 

17 mai 2021, 
09h20- 
10h31, Guitrozon 
 

9 GnabroGnagbo 
Jules 
 
 

74 ans 
 
 
 

Chef du village 
adjoint de       
Gnagbodougnoa 
 

Les rapports chefferie 
traditionnelle/mercenai
res Dozo dans la 
gestion des affaires du 
village 

10 août 2021, 
12h32-14h00, 
Gnagbodougnoa 
 
 
 

10 GnonsoaKapieu 
Irène 

60 ans  d Présidente de e 
la coopérative 
agricole des 
femmes de 
Guitrozon 

Les actes de violence 
et leurs inconvénients 
sur les populations de 
Guitrozon et des 
villages environnants  

 
 
18 mai 2021, 
14h25-16h00, 
Guitrozon 

 

2. Bibliographie  
 
Agnieska (Kadzierska-Manzon), 2014, Chasseurs mandinggues, violence, Pouvoir et religion 
en Afrique de l’Ouest, Paris, Karthala,123p. 
Amnesty International, 2012,Côte d’Ivoire, la loi des vainqueurs, rapport d’enquêtes : 28 
février 2013, France, Harmattan, 45 p. 
Bailly Ferdinand, 2016, « Coalition ONUCI-Commando invisible”, in Le Temps, n°3886,p.5. 
Berhezan Georges, 2013, « Côte d’Ivoire et Mali au cœur des trafics d’armes en Afrique de 
l’Ouest », in Rapports du GRIP, Bruxelles, GRIP, 41p.  
Boa Thiémélé Ramsès, L’ivoirité et l’unité de la Côte d’Ivoire, 2015, Abidjan, Les 2ditions 
CERAP, 186p.  
CDRPC, « Le boom du mercenariat : défi ou fatalité ? » in Actes de Colloque du 30 novembre 
2000, 2001, Lyon, Montaine de Choulans, pp3-10 et 56-68 
DatroOkobé Noël et al, « Les chasseurs-miliciens dans les guerres en Afrique : Etude 
comparée des Kamajors de Sierra Leone et des Dozo de Côte d’Ivoire (1991-2011) », in 
Revue Ivoirienne d’Histoire, EDUCI, n°31, 2018, p.40-53 
GuynonMarie-Miran,2015, Guerres mystiques en Côte d’Ivoire 2002-2013, Religions, 
patriotisme, violences,Paris, Karthala, 369p. 
Helleweg Joseph,2012, « La chasse à l’instabilité : Les Dozos, l’Etat et la tentation de 
l’extralégalité en Côte d’Ivoire », in Migrations, Sociétés, Migrations ouest-africaines en 
Côte d’Ivoire,vol 24, n° 144, USA, Union de la Presse de Chicago,234p.  
Human Rights Watch, 2013, Les effets matériels de la crise postélectorale de 2011 en Côte 
d’Ivoire » in Rapports d’enquêtes, Paris, 25p. 
Varlène I, 2012, Abobo la guerre, la Côte d’ivoire : terrain de l’enjeu de la France et 
l’Occident, France, Editions Mille et nuit. 
Soro Guillaume, 2005, Pourquoi je suis devenu un rebelle, La Côte d’Ivoire au bord du 
gouffre, France, Hachette, 175p. 
Xavier Renou et al, La privatisation de la violence, Mercenaires et sociétés militaires privées 
au service du marché, 2005, Presse du groupe Horizon, France, 490p.  

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 14



 
 

Youssouf Tata Cissé, 1994, La confrérie de chasseurs malinké et bambara :mythes, rites et 
récits initiatiques, Ivry, Editions Nouvelles du Sud, 234p. 
 

IJO- International Journal of Social Science and Humanities Research ( ISSN 2811-2466 )

Volume 5 | Issue 08 | August 2022 |                     https://www.ijojournals.com/index.php/ssh/index 15


