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DE METIER EN DIFFICULTE (1980-2002) 

Doyakang Fousseny SORO 

Université Jean Lorougnon Guédé, Daloa, Côte d’Ivoire 

UFR Sciences Sociales et Humaines 

Département d’Histoire 

 

Résumé : 

L’artisanat est une activité qui regroupe à la fois plusieurs corps de métiers à savoir : la 

cordonnerie, l’ébénisterie, la ferronnerie, la sculpture,  la couture, etc. C’est certes un noble 

métier, mais dans plusieurs localités ivoiriennes, cette activité peine à offrir un quotidien 

agréable à ses pratiquants. L’artisanat à Daloa, jadis resplendissant à travers la confection des 

chaussures traditionnelles et le célèbre centre artisanal de la ville est aujourd’hui l’objet d’un 

abandon, plongeant ainsi les artisans dans l’inquiétude.  

Après un constat assez pessimisme de ce corps de métier, à travers cet article, nous avons bien 

voulu attirer l’attention des autorités publics sur la nécessité de redynamiser ce secteur 

d’activité dans la ville de Daloa, afin d’offrir plus d’opportunités d’insertion et de travail à la 

jeunesse de la ville qui est en quête de repères, exposé aux fléaux de la drogue et de 

l’immigration clandestine. 

 

Mots clés : Artisanat- Daloa- chaussures traditionnelles- autorités locales- opportunités 

d’insertion. 

Summary 

Craftsmanshipis an activitythatbringstogetherseveraltrades, namely: shoemaking, 

cabinetmaking, ironwork, sculpture, sewing, etc. It iscertainly a noble profession, but in 

severalIvorianlocalities, thisactivitystruggles to offerapleasantdaily life to itspractitioners. 

Craftsmanship in Daloa, once resplendentthrough the making of traditionalshoes and the 

famouscraft center of the city, isnow the subject of abandonment, thusplunging artisans 

intoconcern. 

After a fairlypessimistic observation of thistrade, throughthis article, wewanted to draw the 

attention of the public authorities to the need to revitalizethissector of activity in the city of 

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Daloa, in order to offer more integration and workopportunities for the city'syouthwho arein 

search of landmarks, exposed to the scourges of drugs and illegal immigration. 

 

Keywords : Craftsmanship- Daloa- traditionalshoes- local authorities- 

integrationopportunities. 

Introduction  

La question de l’employabilité des jeunes avec ou sans diplômes se pose avec acuité dans nos 

sociétés modernes, où des fléaux comme la drogue, le banditisme et l’immigration clandestine 

sont en vogue. Pour tourner le dos à ces fléaux afin de subvenir à leurs besoins quotidiens, 

plusieurs jeunes de la commune de Daloa exercent diverses activités artisanales. 

Malheureusement, depuis quelques temps, ce corps de métier jadis prospère, rencontre 

d’énormes difficultés, d’où la peine que ressentent de nombreux artisans à Daloa. 

L’objectif de cet article est de se plonger dans l’univers de ce corps de métier afin de chercher 

à comprendre les difficultés réelles qui entravent la bonne marche de l’artisanat à Daloa. Quel 

diagnostique peut-on établir des réalités socio-économiques des artisans de Daloa ? L’étude 

débute en 1980, date à laquelle l’artisanat prend son envol avec l’installation de plusieurs 

ressortissants étrangers qui viennent s’installer dans la région, en quête de fortune dans 

l’économie de plantation et l’artisanat. L’étude s’achève en 2002, avec la crise militaro-

politique qui déchire la Côte d’Ivoire, favorisant ainsi le départ de nombreux ressortissants 

étrangers et la fermeture de plusieurs structures artisanales.  

Pour mener à bien cette étude, notre démarche méthodologique a consisté d’abord à nous 

imprégner des réalités que vivent les artisans, sur place à Daloa. C’est dans ce cadre que 

plusieurs structures artisanales ont été visitées, des questions leur ont été posées à cet effet. 

Ensuite, des centres de documentation de la ville de Daloa ont été visités. Le centre artisanal 

de Daloa, de même que la mairie de la ville, ont été d’un apport appréciable. Les 

investigations en ces lieux nous ont permis d’avoir accès au nombre approximatif d’artisans 

exerçant dans la ville, leur répartition géographique, ainsi que leurs chiffres d’affaires.  

Enfin, l’ensemble de ces informations recueillies nous ont permis d’établir un plan qui se 

décline en deux parties. La première partie se consacre à l’analyse des aspects sociaux, 

économiques et environnementaux du monde artisanal et la seconde partie relève les 

difficultés qui entravent la bonne marche de ce secteur d’activité à Daloa. 

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1- L’aspect socio-économique et environnemental du monde artisanal dans la 

commune de Daloa 

Dans cette partie il s’agira pour nous de présenter un certain nombre de variables qui 

caractérisent les usagers du secteur artisanal à Daloa. Il y en a plusieurs, mais nous allons 

mettre l’accent sur le sexe, l’âge, l’ethnie, le niveau d’instruction et les finances et le cadre 

environnemental. 

1-1 Au niveau du genre et de l’âge 

Selon les différentes investigations que nous avonseffectuées, la répartition des usagers du 

secteur artisanal selon le sexe est très inégale. On observe que les femmes sont 

surreprésentées parmi les chefs d’unités de production. Ces dernières sont par ailleurs 

davantage à leur propre compte par rapport aux hommes. Elles sont concentrées dans des 

branches qui leurs sont propres comme le commerce à 75% (alimentaire dans la plus part des 

cas) et les services (coiffure, couture) ou petite industrie à 25% (textiles). (Y .GUICHAOUA, 

2004, p.53). Par contre elles exercent généralement dans les conditions les plus précaires et 

sont plus démunies que les hommes. Elles exercent généralement dans les activités de 

production, de service ou dans la commercialisation. 

Dans le domaine de l’artisanat, les femmes sont moins nombreuses que les hommes et que 

quel que soit la taille ou le type d’activité exercée par les femmes leurs revenues ou la 

rentabilité économique est généralement plus faible par rapport à celles des hommes.La 

majeure partie de ces femmes sontinstallées dans des abris de fortune, fixes ou mobiles, sur 

les trottoirs, le long des rues, dans la région de Daloa.1 

L’âge minimum d’admission à l’emploi, fixé à 14 ans par l’OIT n’est pas respecté dans la 

majeure partie du pays en particulier à Daloa. Des enfants qui travaillent ainsi dans des 

activités généralement commerciales entant que vendeurs à la sauvette aux coins de rues, sont 

exposés aux accidents de circulations et autres dangers. Ils sont également présents dans des 

activités de productions et de services, en apprentissage pour la plupart. Selon le baromètre de 

l’international de l’éducation, sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de 

l’éducation, un rapport ministériel indique que 28% des enfants travaillent et que 20% sont 

                                                             
1  Vincent KOUHO, directeur de la chambre nationale de métiers et de commerce de Daloa. Entretien réalisé le  
15/05/2022, à Daloa. 

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employés à plein temps. Environ 23% des enfants âgés de 10 à 14 ans et 55% des enfants âgés 

de 5 à 17 ans sont économiquement actifs2. 

Dans la région de Daloa, si le secteur de l’artisanat ne respecte pas les règles relatives à l’âge 

minimum requis pour exercer, il faut souligner toutefois que les personnes qui ont l’âge 

compris entre 24 et 25 ans sont surreprésentées dans la population des chefs d’unités de 

production artisanale. Dans cette population, les personnes d’un âge supérieur sont celles qui 

sont davantage employeurs. La population exerçant une activité artisanale est par ailleurs 

assez jeune. Confrontés à des divers problèmes d’insertionprofessionnelle (après l’obtention 

de diplômes ou par manque de formation qualifiante), les jeunes occupent presque la moitié  

des activités artisanales.Incapables de s’auto-employer par manque de moyens, ils sont pour 

la plupart, dépendants des parents et ne bénéficient d’aucune protection ni de prestation 

sociale et leur niveau d’éducation est relativement faible. 

1-2Au niveau des origines et de l’instruction 

Dans la région de Daloa, tous les groupes ethniques sont représentés dans le secteur artisanal. 

Mais, certains sont surreprésentés que d’autres. Il s’agit particulièrement des bété3, des 

nordiques4 et des Gouro5. En plus de ces trois ethnies, nous avons les ressortissants de la sous-

région, notamment les maliens et les burkinabés qui sont nombreux dans la ville de Daloa, à 

exercer un métier artisanal. 

Les activités économiques sont généralement exercées par les populations, en fonction de 

leurs traditions, ou de leurs habitudes culturelles. C’est le cas des chaussures en cuir 

fabriquées dans la région de Daloa et dénommée « chaussures de Daloa ». Cette activité de 

confection de chaussures traditionnelles en cure est pratiquée par les ressortissants du Nord de 

la Côte d’Ivoire, qui en font leur activité de base.6 

Selon les informations recueillies auprès des responsables de la chambre des métiers de 

Daloa,  les travailleurs du secteur artisanal de la région de Daloa sont moins instruits ou 

analphabètes. Parmi ceux-ci, les femmes sont les plus nombreuses dans ce secteur de façon 

générale. La répartition de cette population féminine par niveau de l’instruction montre que 

                                                             
2 Voir la convention 138 de l’organisation internationale du travail (OIT) sur l’âge minimum d’admission à 
l’emploi ratifiée par la Cote d’Ivoire le 07 février est rentrée en vigueur le 07 février 2004. 
3 Ethnie originaire du Centre ouest de la Côte d’Ivoire. 
4 Groupe ethnique composé des sénoufos, malinkés, koyaka, originaire du Nord du pays. 
5 Ethnie originaire du Centre- ouest de la Côte d’Ivoire. 
6 Monsieur SAVANE, responsable d’une structure artisanale de fabrication de chaussures en cuir. Entretien 
réalisé le 24/03/2022 à Daloa. 

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les illettrées représentent un fort taux au niveau des opératrices du secteur artisanal. Celles qui 

ont un niveau d‘enseignement primaire s’évaluent à un pourcentage moyen, quand à celles 

ayant suivi un enseignement secondaire, elles représentent également un pourcentage 

inférieur, tandis que pour l’enseignement supérieur, le pourcentage est très faible. Ces 

formations signifient d’une certaine manière que, en dépit de leur supériorité numérique dans 

les différentes catégories des activités du secteur artisanal, les femmes montrent d’énormes 

faiblesses (J.P. LACHAUD, M PENOUIL et Al, 1985, p. 175). Le manque d’instruction et 

souvent aussi le manque de formation constituent d’énormes entraves au progrès dans le 

processus économique. Exerçant très souvent des activités qui nécessitent des connaissances 

scolaires, les femmes illettrées se font aider au besoin sinon obligatoirement par les parents ou 

des amis. 

En définitif la main d’œuvre dans le secteur artisanal, a de façon générale, un niveau 

d’instruction très bas, la part des usagers instruit est très faible. C’est l’une des raisons qui 

expliquent l’ignorance de la règlementation concernant l’enregistrement et la fiscalité.  

1-3 L’aspect économique et financier 

Les différentes enquêtes effectuées sur la rémunération dans le secteur artisanal ont prouvé 

que ce secteur peut fournir des rémunérations plus intéressantes que ceux qui sont pratiquées 

sur le terrain. Avec ces différents modes de rémunération, on s’aperçoit de la précarité de 

l’emploi et de la vulnérabilité des personnes concernées. Les chefs d’atelier ayant un revenu 

irrégulier préfèrent payer ceux qui travaillent avec eux en fin de journée quand cesse le 

travail. Cette forme de paiement est plus répandue dans les activités de services et de 

transformations. En effet, les maçons par exemple, travaillent avec des personnes qu’ils 

appellent « aides maçons », ils ne savent généralement pas grandes chose dans cette activité, 

leur tâche se résume au ramassage des briques, à mélanger et mouiller le sable et le ciment 

pour qu’ils servent aux maçons.7 Ils sont généralement payés à 1500 Francs ou 2000 Francs 

CFA la journée, pareil pour les serveurs dans les restaurants. Ce sont des travailleurs qui 

peuvent être payés au prix convenu quand la journée se passe comme prévu mais lorsque ce 

n’est pas le cas, ils sont payés en deçà ou le paiement est remis au jour suivant. Au pire des 

cas l’option de prise en charge n’est pas exclue. Mais la rémunération en nature cache une 

relation bien particulière entre le donneur et le receveur qui est antérieure à l’acte de don lui-

                                                             
7 Témoignages recueillis auprès de certains commerçants dont AdamaDIALLO, au quartier Commerce, le 14/04/ 
2022. 

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même et qui est l’expression d’une domination stricte ou une tutelle dans laquelle les 

préférences du donneur prime sur celles du recevoir.8 

Tableau n°1 : Revenus des opérateurs du secteur artisanal dans la région de Daloa de 1985 à 

2000  

Source : Archives de la chambre nationale de métier et de commerce de Daloa. 

Dans le secteur artisanal, les activités dans leur grande partie sont caractérisées par leur 

précarité, c'est-à-dire des activités dont la durée et la stabilité ne sont pas assurées. Les 

données contenues dans le tableau ci-dessus ont plutôt tendance à révéler que le secteur 

artisanal est essentiellement caractérisé par le faible taux de revenus. Elles assuraient à peine 

la survie des usagers. Ainsi, sur l’ensemble des revenus quotidiens, hebdomadaires et 

                                                             
8
Témoignages de SalifDIOMANDE, Artisan, exerçant dans le domaine de la maçonnerie, le 20/06/2022 

Moments des 

Comptes 

Revenus en francs FCFA Total 

-1000 1000 à 

5000 

5000 à 

10000 

10000 à 

20000 

20000 et 

Plus 

Chaque 

Jour 

120 

27,53% 

89 

20,49% 

13 

3,10% 

3 

0,62% 

00 

00% 

225 

51,75% 

Chaque 

Semaine 

12 

3,72% 

40 

10,14% 

41 

10,55% 

41 

3,72% 

10 

2,07% 

144 

30,23% 

Chaque 

Mois 

6 

1,24% 

7 

1,44% 

6 

1,24% 

6 

1,86% 

 

12 

2,89% 

37 

8,70% 

Aucune  

Réponse 

9 

1,86%% 

8 

1,65% 

7 

1,44% 

 

11 

2,27% 

9 

2,07% 

44 

9 ,32% 

 

Total 147 

34,35% 

144 

33,72% 

67 

16,33% 

61 

8,47% 

31 

7,03% 

444 

100% 

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mensuels 34,35% des usagers n’arrivent pas à gagner 10000FCFA. Ils sont suivis de 33,72% 

des opérateurs qui n’arrivaient pas à gagner 10000 FCFA. (J. CHARMES, p. 5) 

1-4 L’impact socio-environnemental de l’artisanat dans la région de Daloa 

L’exercice des activités artisanales crée de nombreux désagréments dans la ville de Daloa. 

Cependant, deux éléments majeurs ont attiré notre attention à savoir la pollution et les risques. 

La pollution de l’atmosphère constitue le problème majeur de la ville de Daloa, qu’il s’agisse 

des bruits, des odeurs, de la fumée, de la poussière et du gaz. En effet, une seule activité 

artisanale peut produire plusieurs nuisances à la fois. ADaloa, nombreux sont les artisans qui 

produisent du bruit dans l’exercice de leur activité. Il s’agit des menuisiers, en rabotant le 

bois, du couturier ou des garagistes d’automobiles, et des tricycles, en allumant les moteurs 

des engins. Mais aussi, l’utilisation de tondeuses et de séchoir dans les salons de coiffure 

dame. Il faut noter que les fabricants de chaussure font du bruit soit en collant ou en pointant 

les semelles ou les chaussures. Les ferronniers et les forgerons qui travaillent sur le fer sont 

également à la base de nombreux bruits ainsi que le fonctionnement du décorticage manuel ou 

mécanique du riz(A. FREDERIKA,2016, p.410). 

Les odeurs provenant des activités artisanales sont de plusieurs sources et se dégagent par 

endroit. Le rabotage de certains bois et l’utilisation de certains produits par les menuisiers 

dégagent des odeurs. La graisse de moteur et l’huile de vidange des garagistes d’automobiles 

et des fabricantes d’Attiéké contenant du cyanure, déversée dans les espaces vides ou dans 

herbes sans précaution , la colle forte et la peinture des fabricants de chaussure ainsi que les 

vernis des menuisiers et certains produits des coiffeuses dames dégagent des odeurs. Certaines 

activités artisanales causent de la poussière comme désagrément. Il s’agit de la menuiserie du 

décorticage de riz.  

Selon Hamed SAYOUBA, « La poussière s’élève lorsque l’artisan travaille soit en rabotant 

le bois ou en utilisant des machines pour décortiquer le riz. La fumée est produite soit pour 

faire cuire les canaris des potières, pour la cuisson du manioc des fabricantes d’attiéké et soit 

pour épurer l’or des bijoutiers. Toute cette poussière est nuisible à la santé de l’homme ».9 

La fumée est causée aussi par l’allumage des moteurs pour les réparations d’automobiles, de 

cycles et les vulcanisateurs. Les ferronniers exercent avec les baguettes fumantes. Quant aux 

                                                             
9 Propos recueillis auprès d’Hamed SAYOUBA, le 10/05/2022. Thème abordé : L’impact des activités 
artisanales dans la région de Daloa. 

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forgerons, l’utilisation du bois de chauffe ou le charbon constitue un intrant essentiel dans 

l’exercice de leur activité et une nuisance pour l’environnement. Le gaz produit par les 

frigoristes constitue un agent destructeur de la couche d’ozone. La pollution du sol et de l’eau 

résultent de la mauvaise gestion des déchets par les artisans. La plupart des rejets des activités 

artisanales sont en général des huiles usagées, des carcasses de véhicules par les garagistes et 

des morceaux de fer pour les forgerons10. 

Les carcasses de véhicules et les morceaux de fer posent d’énormes problèmes de gestion à la 

ville. Tous les sites d’entassement de ferrailles sont disséminés à la ville. Les autres activités 

artisanales comme la fabrication de carreaux et de briques laissent des traces de ciment sur le 

sol. Le pressing, les coiffures dames, la fabrication de l’attiéké, la teinture, la bijouterie et la 

fabrication de carreaux produisent des eaux usées qui ont des effets néfastes sur la santé et 

l’environnement. Ces eaux usées contenant de nombreux produits chimiques, déversées dans 

la nature, s’infiltrent directement dans le sol. Elles peuvent également être en contact avec 

l’eau de ruissellement ou des produits perdus contribuant ainsi à la pollution du 

sol.(A.FREDERIKA, 2016, p 411). 

 

Les artisans de la région sont confrontés à divers risques dans l’exercice de leur activité. Les 

artisans sont exposés au risque d’incendie, de toxicité et d’explosion. Eneffet, la mauvaise 

gestion des carcasses et des rejets de garagistes engendrent plusieurs points accumulations. 

Ces carcasses représentent un risque éventuel d’incendie lié à la présence de produits 

inflammables tels que le pétrole. L’utilisation d’électricité par certains artisans peut être 

source d’incendie en raison des branchements anarchiques. Selon Alassane DIABY11 : « A 

plusieurs reprises nous avons été victime d’incendie de voiture pendant les réparations, suite 

à des mauvais branchements dans le véhicule ou  à cause du contact entre les flammes et le 

carburant ». 

L’utilisation de chalumeau par les garagistes et les ferronniers est un risque potentiel 

d’incendie. Certains artisans de Daloa utilisent des produits chimiques plus ou moins toxiques 

et dangereux comme l’acide. Les produits cosmétiques des salons de coiffures dames sont 

toxiques et nuisibles à la vie. La peinture des ferronniers, des teinturiers et des fabricants de 

chaussures sont des produits chimiques dont la toxicité varie ainsi que la colle forte des 

                                                             
10 Conseil de l’entente, atelier de réflexion sur l’environnement, 1992, atelier de réflexion sur l’environnement 
du 22 au 31 janvier, p. 300 
11 Alassane DIABY, mécanicien, réparateur de voiture au quartier commerce de Daloa. Entretien réalisé le 17 
juin 2022 à Daloa.  

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fabricants de chaussure, des cordonniers et des menuisiers. L’acétylène, gaz utilisée par les 

garagistes d’automobiles et les ferronniers pour la soudure. Les artisans sont exposés à des 

explosions dans leur atelier ou en travaillant, en effet, l’utilisation de gaz dans certaines 

voitures et l’exercice du métier de frigoriste constituent un danger permanent d’explosions 

dans ces ateliers.  

Après avoir relevé les aspects sociaux, économiques et environnementaux du secteur artisanal 

dans la région de 1980 à 2002, qu’en est-il des difficultés que rencontrent les acteurs de ce 

secteur ? 

2- Les difficultés du secteur artisanal de la commune de Daloa de 1980 à 2002 

Cette dernière étape de notre travail s’articule précisément autour de trois points à savoir,la 

formation des artisans, l’ignorance ou le refus de s’acquitter de l’impôt et enfin l’ambigüité 

des relations entre les usagers du secteur artisanal et les pouvoirs publics. 

2-1 La problématique de la formation des artisans et le faible niveau de revenues et de 

l’épargne  

L’exercice de toute activité requiert un minimum de formation au préalable. En plus de la 

formation initiale il est nécessaire pour l’usager d’apprendre des notions de gestion au niveau 

de l’entreprenariat (R. WALTHER, 2006, p.11). Mais ce n’est pas généralement le cas dans le 

secteur de l’artisanat car certains y viennent après plusieurs mois d’apprentissage, d’autres 

viennent avec un diplôme. Par contre il y a un groupe qui y vient sans aucune compétence 

dans l’activité de leur choix. Il faut noter que plusieurs usagers du secteur artisanal 

n’expriment pas le besoin de suivre une formation pour une bonne organisation et gestion de 

leur activité. Pour une entreprise moderne, ce serait une bonne action d’autant plus que l’on se 

trouverait dans le cadre d’une formation continue qui vise à favoriser les bonnes performances 

au niveau des entreprises. 

Les différentes recherches et investigations que nous avons menés ont démontré que les 

difficultés d’accès à un financement moderne peuvent constituer un obstacle majeur 

empêchant une entreprise de fonctionner normalement, d’entretenir ou de remplacer ses 

instruments de travail, d’avoir des matériaux et des services au coût le plus économique, de se 

moderniser et de se développer. Pour démarrer leurs activités, les usagers de productions 

artisanales ont recours à des microfinances dans le but d’obtenir des prêts. Mais la donation 

des micro-crédits obéit à  un certain nombre de critères et de conditions qui défavorisent 

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l’offre des différents crédits aux différents entrepreneurs. Parmi ces conditions notamment 

nous avons la nécessité pour ces clients de non seulement ouvrir des comptes à l’avant mais 

d’avoir dans ces comptes une certaine somme dont le montant varie en fonction des crédits à 

solliciter (K. ABALO, 2007, p.2). 

Si un certain nombre de caractéristiques propres aux opérateurs du secteur artisanal et à leurs 

activités sont pertinentes, il n’en demeure pas moins  que le niveau de mobilisation de 

l’épargne des intéressés joue un rôle prépondérant dans la décision des institutions de micro-

crédits. Ce paramètre pèse donc dans l’accord ou le refus des différents prêts accordés aux 

travailleurs des secteurs artisanaux.  

A Daloa, les artisans restent tournés vers les formes d’épargnes traditionnelles comme les 

tontines, à cause del’insatisfaction de leurs besoins par les institutions de microfinance. A cet 

effet les femmes semblent plus concernées que les hommes. On observe des différences entre 

les deux genres au niveau de l’usage de la tontine et la caisse d’épargne comme mode 

d’épargne, les femmes sont beaucoup nombreuses à Daloa que les hommes(R.WALTHER, 

2006, p. 13). 

 

2- 2Les usagers du secteur artisanal face aux taxes et aux Impôts 

La politique fiscale constitue une meilleure stratégie pour la lutte contre la pauvreté, c’est 

avec les impôts et taxes collectés auprès des contribuables que l’Etat constitue l’essentiel de 

son budget. Celui-ci permet à l’Etat de répondre aux besoins des populations au niveau des 

salaires, de constructions des infrastructures et autres et la création d’emplois. Pour se faire 

les citoyens doivent faire allégeance à cette politique en faisant du civisme fiscal.Mais, le 

constat c’est que la majorité des artisans à Daloa semble se mettre en marge de cette initiative. 

Ces artisans sont caractérisés par la non possession de numéro d’identification fiscale ou 

compte contribuable. Selon Ousmane DIAKITE12 : « Nous avons déjà beaucoup de mal à 

joindre les deux bouts avec les nombreuses charges sociales. Si nous devons encore 

débourser de l’argent pour payer l’impôt et les patentes de la mairie, nous serons obligé de 

tout arrêter à un moment donné ». 

                                                             
12

Ousmane DIAKITE, menuisier exerçant au quartier Lobia de Daloa. Entretien réalisé le 10 septembre 2022, 
dans son atelier,  à Daloa. 

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Au niveau de taxes et autres impôts, une sensibilisation doit se faire afin d’amener ces artisans 

à comprendre le bien-fondé de ces contributions, à l’échelle nationale. Il faut dire que 

nombreux sont ceux qui non seulement ne paient pas leur taxe, mais ignorent carrément leur 

existence. 

2-3 Relations tendues entre artisans et pouvoirs publics  

Le secteur  de l’artisanat est caractérisé par le piètre niveau de ses relations et ses 

communications avec les autorités de la région. Au milieu de ces relations pratiquement 

absentes, on note un bas niveau  d’enregistrement administratif des activités qui se 

traduisent par une absence d’imposition, mais les chefs de ces établissements ne sont pas de 

cet avis et pensent plutôt qu’ils sont victimes du harcèlement de l’administration. En dépit 

de ces contradictions, la question des relations tendues entre les autorités de la région et les 

usagers du secteur artisanal est récurrente. Ces contradictions nous amènent à mettre en 

lumière la nature réelle des rapports que ce corps de métier entretient avec les institutions de 

la région de Daloa. 

L’occupation des espaces publics et privés est au centre de la problématique du secteur 

artisanal dans la région de Daloa. Elle est faite de telle manière anarchique, ce qui pourrait se 

traduire par le refus de se soumettre à l’autorité publique. Selon plusieurs sources, ces 

opérateurs s’installent souvent sans l’accord ou l’autorisation des autorités régionales, ce qui 

sous-entend que chacun occupe l’espace qu’il veut pour mener à bien ses activités, sans se 

soucier ou s’inquiéter. Et pourtant certains de ces espaces publics, selon les lois en vigueurs, 

sont interdits par les institutions de la région qui sont notamment le préfet et le conseil 

régional. Et malgré l’existence de cet instrument de contrôle des espaces publics, tous les 

quartiers de la région de Daloa sont des terrains adéquats à la création ou la formation de ces 

activités(K. P. ANOH, 2007, p79). 

Les usagers du secteur artisanal développent une théorie selon laquelle plus l’activité parait 

marginale, plus il est probable qu’elle échappe totalement à la vigilance des autorités de la 

région, à la fois parce qu’elle peut plus facilement passer inaperçue et parce que les autorités 

de la région ne viendront pas faire de contrôle, ni prélever de taxes sur les occupants de cet 

espace. Or sans cette pression administrative, les taxes et impôts ne sont pas efficacement 

perçus par la direction des impôts ou les services recouvrements des régions ; parce que les 

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contribuables ne sont pas identifiés et connus dans les branches de production, des services et 

du commerce13. 

Il est cependant important de souligner qu’un certain nombre de facteurs justifient ces 

installations sans autorisations administratives. Les occupations anarchiques et irrégulières 

sont par ailleurs liées à l’insuffisance des infrastructures ainsi qu’à la détérioration constante 

du cadre de vie en milieu urbain. Ces usagers sont dans leur majeure partie pauvre et ne 

disposent pas de revenues leur permettant d’accéder à la propriété foncière, ce qui les conduit 

à exercer leurs activités dans n’importe quel endroit. 

Conclusion 

Au terme de notre analyse, il faut retenir que le secteur artisanal dans la région de Daloa 

existe depuis plusieurs années et à commencer à se professionnaliser à partir de 1980 avec la 

création de la chambre nationale de métier et de commerce dans la région. Le secteur de 

l’artisanat dans la région de Daloa a joué un  rôle important de 1980 à 2002. Il faut souligner 

que ces artisans ont été confrontés à plusieurs difficultés qui sont à plusieurs ordres. 

Tant que le niveau de financement sera faible et les potentialités en termes de productivité 

quasiment inexistantes, les établissements artisanaux ne pourront pas passer à l’étape des 

petites et des moyennes entreprises capables d’employer un grand nombre de travailleurs. A 

travers les personnes interrogées, on perçoit en partie la précarité de l’emploi et la 

vulnérabilité des personnes concernées, ce qui renforce notre opinion sur le fait que le secteur 

artisanal offre certes des possibilités d’emploi mais maintient la majeure partie de son 

personnel dans les conditions vulnérables. 

Au-delà des questions de financements, et des revenus, nous avons pu constater que le 

processus des activités artisanales est profondément lié à la problématique de contrôle. Les 

contrôles des autorités de la région de Daloa sont presqu’inexistantes ou se fait par 

complaisance. Bien vrai qu’ils ne soient pas reconnu par l’Etat plusieurs propriétaires de ces 

entreprises affirment ne pas êtreinfluencés par les autorités de la commune. Quand ceux-ci 

sont pris à la gorge, ils règlent couramment leurs différents par la corruption des agents que de 

payer directement des amendes qui pourraient les emmener à régulariser leur situation. Toute 

chose qui conforte les usagers du secteur artisanal dans leur logique. Bien qu’ils ne soient pas 

                                                             
13 Les montants payés par ces artisans évolue en fonction de la place occupée par l’activité, le paiement se fait 
soit annuellement, mais l’opérateur peut s’en acquitter par modalité, soit mensuellement  

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reconnus par les autorités, ils ne craignent pas les sanctions et les pénalités pouvant aller 

jusqu’à la fermeture de leurs établissements. 

On ne peut ignorer que le secteur artisanal pose un grand nombre de soucis économiques, 

sociaux et environnementaux dans la commune de Daloa. Son apport au niveau de la région 

est insignifiant, car il échappe aux impôts, aux taxes et aux cotisations sociales. Ce secteur a 

un impact négatif sur l’atmosphère avec la pollution de l’air, des eaux et aussi tous les dangers 

que cela implique. 

Enfin il faut souligner que jusqu’à présent, les dispositifs d’appui aux entreprises du secteur 

artisanal, ont mis l’accent sur l’offre de financement en négligeant la structuration et la 

cohérence des appuis, il faudrait mettre l’accent sur la détection des profils d’entrepreneurs et 

la sélection des candidats à la création d’entreprise, l’élaboration des projets pour mieux 

accompagner les entreprises du secteur artisanal vers des logiques de développement et de 

création d’emplois. L’Etat ivoirien de même que les collectivités locales, se doivent 

d’apporter un appui aux structures artisanales dans la région de Daloa afin de les réorganiser 

et lutter efficacement contre le chômage, la drogue et l’immigration clandestine, des fléaux 

qui détruisent de plus en plus la jeunesse de Daloa.  

Sources et Bibliographie  

I- Sources orales 

DIABY Alassane, mécanicien au quartier « commerce ». Entretien réalisé le 17 juin 2022, sur  

son lieu de travail de 15h 30mn à 16h 15mn. Thème abordé : Les difficultés du métier 

d’artisan à Daloa. 

 

DIAKITE Ousmane, Menuisier exerçant au quartier « Lobia ». Entretien réalisé le 10 

septembre 2022 de 10h 20mn à 10h 45mn. Thème abordé : Les difficultés du métier de 

menuisier et les rapports avec les autorités administratives. 

 

DIALLO Adama, commerçant installé au quartier « commerce ». Entretien réalisé le 14 avril 

2022 de 10h 15mn à 10h 35mn. Thème abordé : Les difficultés du métier de commerçant et 

les rapports avec les autorités administratives. 

 

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DIOMANDE Salif, chef- maçon installé à Daloa. Entretien réalisé le 20 juin 2022, de 15h à 

15h 30mn. Thème abordé : Les difficultés du métier de maçonnerie et les rapports avec les 

autorités administratives. 

 

KOUHO Vincent, Directeur de la chambre nationale de métier et de commerce de Daloa. 

Entretien réalisé le 15 mai 2022, au sein du siège de l’organisation, de 10h à 10h 25mn. 

Thème abordé : Les réalités de l’artisanat à Daloa et ses rapports avec les autorités étatiques.   

 

SAVANE, responsable d’une structure de confection de chaussure en cuire. Entretien réalisé 

le 25 mars 2022 à Daloa. Thème abordé : Les réalités de l’artisanat à Daloa et ses rapports 

avec les autorités étatiques.   

 

SAYOUBA Hamed, artisan, exerçant à Daloa. Entretien réalisé le 10 mai 2022. Thème 

abordé : Les réalités de l’artisanat à Daloa et ses rapports avec les autorités étatiques.   

 

II- Bibliographie 

 

ABALA K., 2007, L’importance des microfinances dans le financement des micros 

entreprises au TOGO, La conférence économique africaine, Lomé, Septembre, p. 2 

 

ANOH K. P, 2007, « Le commerce de rue dans les villes de la Côte d’Ivoire » in KASA BYA 

KASA, Université de Cocody, p. 79 

 

CHARMES J. « Le secteur informel en Afrique, une croissance n’est pas forcement signe de 

marginalisation », in ENSAIOS FEE, p.5 

FREDERIKA Akissi, 2016, La contribution des activités artisanales et industrielles à la 

dégradation de l’environnement urbain de Daloa, 412 p 

GUICHAOUA Y. 2004, L’analyse microéconomique des relations d’emploi dans le secteur 

informel urbain : une étude de cas de la Côte d’Ivoire, Thèse unique en économie des 

institutions, l’école des hautes études en Sciences Sociales, p. 126 

LACHAUD J.P, PENOUIL M. et Al, 1985, Le développement spontané. Les activités 

informelles en Afrique, (Université Bordeaux), p.175 

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WALTHER R., 2006, La formation en secteur informel : note de problématique, agence 

française de développement, Paris, p. 5 

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