Concept Et Application De La De verbalisation A La Pratique De La Traduction Kemi Nojim YEKINNI Michael Otedola College of Primary Education, Noforija-Epe, Lagos State, Nigeria E-mail: yekkejim@yahoo.com, GSM: 08052038398 ET Mary Effiong NYONG (Ph.D) Department of Language Education, Bamidele Olumilua University of Education, Science And Technology, Ikere-Ekiti, Ekiti State, Nigeria E-mail: mary4nyong@gmail.com , GSM: 07064732513 Résume La traduction consiste à transposer un texte écrit d’une langue à une autre, en transmettant le plus fidèlement possible le message. Cependant, cet activité devient de plus en plus un casse-tête a cause de la mondialisation et l'évolution des nouvelles technologies. Il y a de nombreux procédés techniques de la traduction mais le sujet de ce travail est la déverbalisation.La déverbalisation constitue le noyau de la Théorie du Sens et reflète les rapports entre la langue et la pensée / l’esprit, or elle n'a jamais été justifiée ni falsifié de manière adéquate depuis sa proposition par Danica Seleskovitch, représentante de l'École de Paris. La déverbalisation du sens s’explique par le fait que le sens est un souvenir mental, non-verbal. Cet article essaie d’étudierce technique autant que son application de dans l’activité traduisante. Mots clés: Traduction, Déverbalisation, Traduction Interpretative INTRODUCTION La langue humaine est un système des sons phoniques dotéde sens qui constitue un véhicule de communication parmi les êtres humains. Elle est naturelle et est étudiéeà la naissance par l’individu. Aujourd’hui. La communication s’est effectué par deux méthodes : la méthode orale (directement entre des interlocuteurs) ou à travers un médiateur (l’interprète) et la méthodeécrite (directement par l’auteur au lecteur à travers le traducteur). La traduction consiste à transposer un texte écrit d’une langue à une autre, en transmettant le plus fidèlement possible le message. Cependant, cetactivité devient de plus en plus un casse- têteà cause de la mondialisation et l'évolution des nouvelles technologies. La Traduction Il y a plusieurs definition de ce concept. Neanmoin, pour Marianne Lederer (1994:11), la traduction consiste à comprendre le texte original, à déverbaliser sa forme linguistique et à exprimer d’une autre langue les idées comprises et les sentiments ressentis. Le traducteur traduit généralement d’une 2e ou d’une 3e langue vers sa langue maternelle. Il est de nature curieuse, a une vaste culture, une grande souplesse d’esprit, une très bonne connaissance de ses langues de travail et des aptitudes à rédiger. La discipline se distingue de l’interprétation, qui consiste à reformuler oralement d’une langue à une autre un message lors IJO- INTERNATIONAL JOURNAL OF SOCIAL SCIENCE AND HUMANITIES RESEARCH ( ISSN 2811-2466 ) Volume 4| Issue 06| June | 2021 http://ijojournals.com/index.php/ssh/index 1 mailto:yekkejim@yahoo.com mailto:mary4nyong@gmail.com de discours, de réunions, de conférences et de débats, ou encore devant des cours de justice ou des tribunaux administratifs. La Traduction Interpretative Basée sur la Théorie interprétative de la traduction de Danica Seleskovitch et de Mariane Lederer, la traduction interpretative s’intéresse seulement au message de la langue source sans tenir compte ni des mots ni de la structure de cette dernière.Exemple : Beaucoup de gens pensent qu’il suffit de parler deux langues pour être traducteur. Cette phrase peut être exprimée en anglais de plusieurs manières : - Ability to speak two languages is not enough to be a translator. - Contrary to what many people think, translating requires more than knowing two languages. - The knowledge of two languages is not enough to be a translator. Ici le message est plutôt interprété et non traduit dans la langue cible comme dans le cas de l’exemple suivant. Où est Dieu quand rien ne marche plus ? Where is God when it hurts? La traduction présente aujourd’hui nombre de défis résolument actuels, façonnés par la mondialisation et l'évolution des nouvelles technologies. La Déverbalisation La déverbalisation, selon Ren, Zhang et Guo (2018), est un étapeintermédiaire entre l’étape de l’interprétation du message de la langue source et l’étape de la réexpression en langue cible. Pour Ezuoke, C. O. (2018), elle réfère à la technique de décomposition d’une phrase pour arriver au sens de la phrase. Elle constitue le noyau de la Théorie du Sens et reflète les rapports entre la langue et la pensée / l’esprit, or elle n'a jamais été justifiée ni falsifié de manière adéquate depuis sa proposition par Danica Seleskovitch, représentante de l'École de Paris. Elle est donc l’un des procédés employés dans le processus de la traduction. Le processus de la traduction est , divisé en quatre étapes principales :  La lecture du texte à traduire  La fusion des éléments linguistiques avec des connaissances extralinguistiques pour obtenir le sens  La déverbalisation du sens obtenu et  La réexpression/réformulation linguistique de ce sens ; Les procédés que voici s’avèrent ceux de l’approche interprétative de la traduction. Après la lecture et la compréhension du texte, le traducteur passe alors à l’étape de la déverbalisation qui consiste à percevoir les idées les plus importantes du texte et à permettre à la forme verbale de la langue source de disparaitre dans son esprit pour ne laisser que le sens qu’il doit maintenant réexprimer librement en tenant compte seulement des éléments linguistiques de la langue cible. Le traducteur doit s’efforcer d’acquérir trois qualités essentielles. 1. Avoir une connaissance pratique et fortement nuancée des deux langues de travail et avoir tous les éléments de ses langues constamment présents à l’esprit et dans sa mémoire. Il doit maitriser ses langues de travail presque autant que sa langue maternelle. 2. Une bonne connaissance culturelle et technique qui l’aidera à se familiariser rapidement avec les différents sujets qui lui seront proposés, les terminologies IJO- INTERNATIONAL JOURNAL OF SOCIAL SCIENCE AND HUMANITIES RESEARCH ( ISSN 2811-2466 ) Volume 4| Issue 06| June | 2021 http://ijojournals.com/index.php/ssh/index 2 spéciales, les circonstances et les modalités dans lesquelles ces sujets seront traités, bref, le traducteur doit être en quelque sorte un généraliste. 3. Le traducteur doit être capable d’apprécier de façon assez claire la différence nette entre le signifiant et le signifié, et par conséquent, comprendre le sens de la valeur interne de la langue, de l’implicite et de l’explicite du jeu de ses variations et de ses propriétés allusives naturelles. La déverbalisation du sens s’explique par le fait que le sens est un souvenir mental, non-verbal comme nous avons vu plus haut. A l’oral, en raison de l’évanescence réelle des mots, la déverbalisation se produit habituellement au moment de la réception du discours. Ce processus se produit aussi à l’écrit, mais il est alors peut-être plus difficile à cerner en raison de la fixation des signifiants. La théorie du sens et la traduction des facteurs culturels dissociant effectuées entre la forme linguistique et ce sens, dont l’importance est fondamentale dans la théorie de la traduction, elle explique que le sens résulte du processus interprétatif opéré par l’individu et que le passage d’un message d’une langue à l’autre langue s’effectue par ce sens non-verbal et non par des mots. La déverbalisation permet ensuite l’expression de ce contenu inédit dans une autre langue d’une manière spontanée et naturelle. L’objet de son activité de traduction est le sens. Or, le sens est un vouloir dire extérieur à la langue (antérieur à l’expression chez le sujet parlant, postérieur à la réception discours chez le sujet percevant), que l’émission de ce sens nécessite l’association d’une idée non verbale à l’indication sémiotique (parole ou geste, peu importe en soi le support qui se manifeste de façon perceptible) et que la réception du sens exige une action délibérée du sujet percevant. Dans cette perspective, on est amené a ne plus voir dans l’agencement des mots que des indices, puis par le locuteur dans le savoir partager qu’est la langue, reconnus de ce fait par l’auditeur, mais ne servant au premier que de jalons pour sa pensée, et au second que de tremplin pour la construction du sens de ce qu’il entend.Pour réussir à bien traduire en utilisant le procédé de la déverbalisation, il faut bien faire la lecture du texte. APPLIQUER LA DEVERBALISATION A LA PRATIQUE DE LA TRADUCTION La Lecture du Texte à Traduire Le traducteur lit le texte à traduire de façon approfondie et minutieuse dans le but de comprendre le message et de dégager tous les éléments linguistiques qui facilitent la compréhension. La traduction est une opération qui modifie, mutile et aussi bien ajoute, greffe, et artère par nature le tissu vivant du texte. Bref, un traducteur peut être comparé à un chirurgien dont la qualité maîtresse est de prendre une décision rapide à chaque instant. Décider, le traducteur ne fait que cela ; le choix des mots, l’ordre des mots, l’agencement de la phrase, le rythme, l’accent porté sur telle conjonction, tel adjectif, etc. Aucun détail du texte à traduire ne doit échapper à l’attention du traducteur. Ce dernier explore chaque mot d’abord, comme un mot isolé, puis comme une réflexion d’un grand contexte culturel et historique. La lecture de texte à traduire permet au traducteur de le transformer et de le << transplanter>>, pour ainsi dire, dans l’environnement d’une nouvelle langue. La lecture mène à la transformation du texte sans laquelle il n’y a pas de traduction. La traduction commence par définir les contours du sens de chaque mot en se faisant une image de chaque mot qui se développe à ses yeux comme une œuvre d’art dont ces contours se définissent à l’infini parce qu’un mot peut prendre la couleur du mot qui suit, il y a des mots qui ont une connotation beaucoup plus grande dans la langue cible. IJO- INTERNATIONAL JOURNAL OF SOCIAL SCIENCE AND HUMANITIES RESEARCH ( ISSN 2811-2466 ) Volume 4| Issue 06| June | 2021 http://ijojournals.com/index.php/ssh/index 3 Il y a aussi des mots, qui se fusionnent pour exprimer la même notion dans la langue cible. Les verbes <> et <> par exemple deviennent un seul verbe ‘’to know’’ en anglais. La nuance entre ces deux verbes n’est pas facile à expliquer à un anglophone qui apprend la langue française. Il n’est pas rare d’entendre les apprenants de la langue française d’origine anglophone dire par exemple : <> ou <> en anglais. ‘’I know Paris’’ et « I don’t know if he is there » sont toutes deux des phrases grammaticalement correctes en anglais. Le traducteur doit donc explorer la différence entre les mots de la langue source et ceux de la langue cible quelque soient leurs ressemblances apparentes. C’est cette exploration qui constitue la contribution essentielle du traducteur en tant que médiateur entre l’apparence superficielle d’un mot et son poids sémantique, étymologique et culturel. Les éléments culturels constituent un autre aspect très important que le traducteur ne peut pas se permettre d’ignorer pour ne pas choquer ses lecteurs. Par exemple, l’expression ‘’God bless’’ généralement utilisée pour conclure un discours en anglais n’existe pas dans le discours en français qui est souvent conclu par l’expression <> et non <> pour le simple fait que l’expression que << Dieu vous bénisse>> n’entre pas dans la culture française pour conclure un discours. Un autre exemple qu’on pourrait citer est l’expression anglaise « « The Hounourable Minister’’ qui au lieu d’être traduit comme << L’honorable Ministre>> est souvent traduit comme << Monsieur Le Ministre>>. Les Eléments linguistiques et extralinguistiques La compréhension du message est le résultat de la fusion des éléments linguistiques du texte avec les éléments de la connaissance extralinguistique du traducteur autrement connu comme bagage cognitive. Lederer (1994) définit le bagage cognitif comme << des souvenirs, des faits d’expériences, d’évènements qui ont marqués un individu, d’émotions, des connaissances linguistiques et extralinguistiques emmagasinées à plus ou moins long terme dans la mémoire, y compris les connaissances théoriques, des imaginations, le résultat de réflexions, le fruit de lectures, la culture générale et le savoir spécialisé>>. De par cette définition, le bagage cognitif est en bref tout ce qui est dans le cerveau humain sous une forme déverbalisée d’où le traducteur puise pour comprendre un texte. Le bagage cognitif du traducteur l’aide à facilement comprendre le message ou le vouloir-dire de l’auteur. Muni d’une bonne compréhension du texte et des éléments linguistiques et extralinguistiques appropriés et en langue source et en langue cible, le traducteur et apte à passer à la l’étape de réexpression ou de reformulation. Ce qui est l’étape finale de la traduction à proprement dire. La Réexpression La réexpression ou la reformulation est la dernière étape du processus de la traduction. Elle consiste à reproduire librement sans aucune contrainte la forme déverbalisée du message du texte original dans la langue cible en tenant compte seulement de la structure grammatical, lexical et syntaxique de cette dernière. Dans la phrase de la réexpression, le traducteur doit s’assurer que les choix effectués rendent bien compte des idées continues dans le texte original en vue d’une mise en forme définitive. Nous arrivons maintenant à la dernière phase du processus de la traduction. La réexpression linguistique libre du sens, fruit de la compréhension et de la déverbalisation se trouvant en dernière position, la réexpression n’est pas la moindre importante. En effet, quel que soit le type de texte abordé, qu’il soit littéraire ou pas, la phase de réexpression est une étape cruciale du processus traductif non seulement parce qu’elle en constitue l’aboutissement mais aussi parce qu’elle est le signe concret de l’engagement du traducteur. Et c’est elle qui bien souvent détermine le sort du texte traduit. IJO- INTERNATIONAL JOURNAL OF SOCIAL SCIENCE AND HUMANITIES RESEARCH ( ISSN 2811-2466 ) Volume 4| Issue 06| June | 2021 http://ijojournals.com/index.php/ssh/index 4 Dans cette phase d’expression, le traducteur doit remplacer l’auteur pour exprimer son vouloir dire, c’est–à-dire qu’il doit se faire comprendre. Et pour se faire comprendre, il faut trouver l’expression juste. Dans les lignes qui suivent, nous allons essayer de répondre à la question : comment énoncer clairement ce que l’on a bien compris à la lecture ? Ainsi, lors de la réexpression, le traducteur doit toujours garder à l’esprit que le point de départ de la réexpression n’est pas la langue du texte original mais le sens non-verbal qui est devenu le vouloir-dire. D’autre part, puisque la traduction n’est qu’un cas particulier de la communication, dans la phase de réexpression, le traducteur doit se comporter comme un locuteur qui a quelque chose à dire. D’autre part, il est important de souligner que l’acte de réexpression comme celui de compréhension mobilise l’ensemble de l’appareil cognitive de l’individu, c’est–à-dire que, pour s’exprimer, le sujet a besoin d’un savoir linguistique (connaissance de la langue en question) mais aussi de l’association d’un savoir-faire linguistique. De même, il est généralement difficile en traduction, de toujours conserver tous les mots ou l’ordre des mots de la langue source dans le respect des règles grammaticales et syntaxiques de la langue cible. Donc, il faut segmenter les phrases en unités de sens et non des mots isolés. CONCLUSION Chaque traducteur fait face aux défis lexiques, sémantiques, linguistiques et métalinguistiques au cours de son activité traduisante. Ces défis restent les mêmes sans tenir compte s’il s’agit d’un texte littéraire, administratif ou scientifique et sans tenir compte de nationalité du traducteur. Le traducteur est libre de choisir n’importe quel approche ou procédé technique de la traduction pourvu que le texte d’arrive est le représentantfidèle du texte de départ. Cependant, suivant la discussion du concept dit déverbalisation, on peut conclure que la déverbalisation est le procédé central de toute activité de la traduction. REFERENCES Ezuoke, C. O. (2018). Deverbalising the Biblical Text for Translation and Interpreting. Afrrev Laligens: An International Journal of Language, Literature and Gender Studies. 7(2). Lederer, M. (1994). La traduction Aujourd’hui, le modèle Interprétatif, Paris. Hachette . Israel, F. (1999). Principes pour une pédagogie raisonnée de la traduction : le modèle interprétatif, Folia Translatologica, 6, ‘Issues of Translation Pedagogy’. Plassard, F. (2007). Lire pour Traduire, Paris : PSN. Ren, R., Zhang, L., Guo, Z., & Zeng, J. (2018). The Application of Deverbalisation in Interpreting Notes. Sino – US English Teaching. 15 (4), 209-212 doi: 10.17265/1539- 8072/2018.04.006. Roux-Faucard, G. (2008). Poétique du récit traduit, Caen : Minard Lettres Modernes. Seleskovitch, D. Et Lederer, M. (1984). Interpréter pour traduire, Paris : Didier Erudition. Seleskovitch, D. (1975). Langage, langues et mémoire, Introduction de Jean Monnet, Paris : Minard Lettres Modernes. 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