The Arbutus Review, Vol. 2, No. 1 (2011) 116 La musique de Boris Vian : la création de l’album L’Écume des jours Nichelle Soetaert Résumé : L'Écume des jours de Boris Vian n'appartient à aucun mouvement littéraire, mélangeant deux formes d'art, la musique et la littérature, d'une manière unique. Cette dissertation cherche à décoder le chef d'orchestre de Vian comme un morceau musical. S'il est impossible d'encadrer ce roman dans un style spécifique, on peut néanmoins l'examiner d'une manière atypique. En analysant chaque personnage, on découvre l'importance de leur rôle dans la création vianesque. Colin joue le rôle du musicien, Nicolas représente le chef d'orchestre, Chloé est la groupie, Chick incarne le thème de l'obsession, Alise personnifie l'amour malheureux et la souris sert de lien entre tous les personnages : le pouvoir incroyable de la création artistique. Dans cette optique, Vian a écrit non seulement une œuvre littéraire, mais un album musical, alors on doit l'analyser ainsi. Cette dissertation déconstruit L'Écume des jours en divers aspects musicaux en essayant de comprendre plus profondément ce roman afin d'illustrer le talent du célèbre Boris Vian. Termes Clés: Musique/Music, Littérature française/French Literature, Boris Vian, L'Écume des jours, Jazz, Blues, Duke Ellington Introduction Quelques critiques considèrent L’Écume des jours de Boris Vian comme un « roman ellingtonien » (Pestureau, 1999, p. 15) grâce à son mélange de littérature et de musique de jazz, plus spécifiquement, celle de Duke Ellington. Le roman n’appartient à aucun mouvement littéraire; « on n’a rien lu de tel avant *et+ on ne lira rien de semblable après » (Julliard, 2007, p. 105). Cependant, peut-être la raison pour laquelle il est si difficile de donner une étiquette à ce roman est qu’il mérite une analyse non seulement littéraire, mais aussi musicale. Cet essai examinera ce chef d’œuvre littéraire comme s’il était un morceau musical complet. On attribuera des rôles musicaux aux six personnages principaux. Colin, Nicolas et Cholé jouent les rôles spécifiques et concrets de musicien, de chef d’orchestre et d’une groupie – ceux qui font de la musique une réalité et qui la donnent sa forme. Cependant, un morceau de musique n’est pas complet sans un sujet. Cet essai dresse aussi des parallèles entre Chick, Alise et la souris et des thèmes abstraits souvent explorés par la musique : l’obsession, l’amour malheureux et l’introspection. Ce sont les émotions derrière la musique qui la donnent son âme. Bien que ces trois personnages ne soient pas liés directement à la musique, ils sont essentiels à la création du morceau musical complet. « [B]aigné dans la chaude et sensuelle musique de jazz » (Lapprand The Arbutus Review, Vol. 2, No. 1 (2011) 117 & Roulmann, 2009, p. 38), le monde irréel de Vian exige une critique irréel aussi, une critique à la fois littéraire et à la fois musicale. Colin : le musicien Comme une œuvre littéraire n’existe pas sans un personnage principal, la musique n’existe pas sans un musicien. Il semble logique, alors, de nommer Colin, le personnage principal du roman, musicien. Dès le début du roman, on a l’impression que Colin représente le stéréotype d’un musicien : mystérieux et attirant. À la première page du texte, Vian décrit Colin, qui « taill[e] en biseau les coins de ses paupières mates, pour donner du mystère à son regard » (p. 21). En analysant son style de vie, établi immédiatement, on voit qu’il ressemble à celui d’un musicien. Colin « [est] presque toujours de bonne humeur, le reste du temps il dor[t] » (Vian, p. 22). C’est une vie qui n’exige pas trop de responsabilité, qui est ponctuée par l’hédonisme et qui permet la recherche animée du plaisir et de la joie. De plus, c’est Colin qui invente le « pianocktail » (Vian, p. 32), une création qui mélange la musique et l’alcool pour créer une expression joyeuse d’individualité. C’est après cette invention qu’on voit la naissance de Colin comme musicien. Il cherche à amalgamer la musique et le plaisir sensoriel pour créer un monde où la musique règne sur le travail et où l’imagination détermine la réalité. Si Colin joue le rôle de musicien, quels sujets dominent ses chansons ? L’avant-propos du roman dévoile les désirs centraux de Colin en prétendant qu’« il y a seulement deux choses : c’est l’amour *…+ et la musique de la Nouvelle-Orléans » (Vian, 1947, p. 19). Bien que cette phrase offre une vision en gros du monde de Colin, pour vraiment le comprendre, il faut analyser les autres personnages, chacun d’entre eux représentant un aspect du monde musical vianesque. Nicolas : le chef d’orchestre Le deuxième personnage à examiner, Nicolas, joue le rôle d’enseignant de Colin. Sans lui, Colin ne saurait pas danser le « biglemoi » - la danse qui gagnera le cœur de Chloé. Souvent dans la musique, on trouve une référence aux héros du musicien, à la source de sa passion. Le musicien fait hommage à ses prédécesseurs musicaux, ceux qui ont ouvert la voie à l’infinité de la musique. Dans le cas de Colin, c’est Nicolas qui représente ce héros. Nicolas, mentor, conseiller et expert en tout, se charge du rôle de protecteur de Colin et ne quitte jamais volontairement son poste. Jusqu’à la fin, il demeure le « protecteur désespéré d’un paradis condamné : passions pour le jazz, pour les plaisirs, pour la littérature, pour l’amitié et l’amour » (Pestureau, 1999, p. 14). En plus d’être le conseiller de Colin, Nicolas est expert dans la danse du « biglemoi » et l’objet de désir de toutes les femmes. Nicolas incarne les deux qualités que Colin considère essentielles à la vie : l’amour et la musique de la Nouvelle-Orléans. Un aspect encore plus important du rôle joué par Nicolas est le fait qu’il est le cuisinier de Colin. À part la rencontre de The Arbutus Review, Vol. 2, No. 1 (2011) 118 l’amour de la musique, « …Nicolas, dont le nom n’est d’ailleurs pas étranger au monde du jazz, personnifie la rencontre de la haute cuisine et de l’expertise musicale » (Pautrot, 1994, p. 90). Comme celui qui donne de la nourriture au musicien, il est la source de son inspiration et, par extension, de sa vie. Il est possible, donc, d’attribuer à Nicolas le rôle musical de chef d’orchestre, le directeur du groupe. Finalement, Nicolas refuse de quitter la maison de Colin, même après qu’il « vieilli[t] de dix ans [en] huit jours » (Vian, 1947, p. 233), et Colin est forcé de l’envoyer travailler pour la famille Ponteauzanne. Cette dernière épreuve de fidélité de la part de Nicolas renforce sa position comme chef d’orchestre, car c’est la responsabilité du chef de rester fidèle au musicien, même dans les situations les plus éprouvantes. Chloé : la groupie En continuant avec cette notion de personnages musicaux, on passe au personnage de Cholé, l’amante de Colin. Cependant, peut-être n’est-ce pas correct de donner l’étiquette d’« amante » à Chloé car au cours du récit on découvre que ce n’est pas Chloé qu’il aime, mais le fait d’être aimé. Dans les mots exacts de Colin, « je voudrais être amoureux » (Vian, 1947, p. 63). Dès le début de leur relation, la musique domine l’amour. Colin ne cherche pas une amante, mais un admirateur et donc, comme admiratrice qui adore Colin, Chloé remplit le rôle de groupie. En gros, « Colin, qui pense aimer Chloé, est, en fait, amoureux d’un air de jazz qui lui renvoie sa propre image » (Pautrot, 1994, p. 82). Même le nom de Chloé « est né du morceau éponyme de Duke Ellington » (Lapprand & Roulmann, 2009, p. 39). Elle doit son existence à la musique et alors cette musique est « à la base de l’intrigue amoureuse (car sans la musique de jazz, Chloé n’existerait pas)… » (Lapprand, 1993, p. 77). Comme groupie, le rôle de Chloé est d’admirer le musicien : Colin. Dès leur rencontre, Colin pense plutôt à la musique qu’à l’amour. Ses premiers mots sont « Êtes-vous arrangée par Duke Ellington ? » (Vian, 1947, p. 71). Pendant toute la relation, c’est Chloé qui « prend l’initiative des contacts physiques » (Pautrot, 1994, p. 106). Même dans les actes intimes entre les deux il y a une présence subtile de la musique. Par exemple, quand Chloé « applique sa tempe sur la joue de Colin » (Vian, p. 73), le mot « tempe » peut être remplacé par « tempo » et le sens du mot « joue » peut avoir une interprétation musicale. La musique domine le geste amoureux. De plus, à un moment, « …leurs cœurs batt*ent+ tous deux sur un rythme de boogie » (Vian, p. 142). Encore une fois, l’amour est ponctué par la musique. L’importance de la musique prévient la mort et la destruction de Chloé. Il faut noter que Colin, en essayant de sauver la vie de Chloé, dépense tout son argent et se pousse au bord de la destruction. On se demande, cependant, si Colin fait tout cela pour sauver la vie de son « amante, » ou pour sauver la vie de son admiratrice. Comme chaque musicien, Colin a soif d’admiration. La mort de Chloé sera aussi la mort de l’adoration inconditionnelle qu’elle représente. Elle va toujours être une groupie, «…vouée dès sa conception à une existence provisoire et à une fin tragique…*C+’est ainsi qu’elle coïncide avec le blues qu’elle incarne » (Pestureau, 1999, p. 14). The Arbutus Review, Vol. 2, No. 1 (2011) 119 Chick : l’obsession On passe maintenant à une analyse de Chick, d’Alise et de la souris. Les autres trois personnages illustrent le morceau musical de Vian d’une manière concrète, tandis que ces personnages le font d’une manière plus abstraite. Ils représentent des thèmes et des sujets abstraits souvent explorés au cœur de la musique. Par exemple, Chick représente le thème de l’obsession, une force qui, comme le désir désespéré de Colin d’admiration, peut mener à la ruine. La chose la plus importante chez Chick n’est pas son amitié avec Colin, ni sa relation avec Alise, mais sa collection des œuvres de son idole, Jean-Sol Partre. Cette collection se transforme très vite en obsession incontrôlable. Selon Chick, il a « besoin du Partre…Il *lui+ faut tout ce que *Partre+ a fait » (Vian, 1947, p. 78). C’est une obsession qui détruit la vie de Chick, qui le pousse à dépenser tout son argent, qui domine sa relation avec Alise et qui, à la fin, provoque sa mort. Chick représente le thème de l’obsession, un thème souvent abordé dans la musique, et le danger qu’elle pose. Comme la musique domine la relation Colin-Chloé, Jean-Sol Partre domine la relation Chick-Alise. Par exemple, quand Chick regarde une photo d’Alise, « …sous ses yeux, en la regardant plus attentivement, elle ressembl*e+ à Partre; peu à peu l’image de Partre se form*e+ sur celle d’Alise » (Vian, p. 306). Bien qu’il semble que le personnage de Chick n’ait pas de relation directe avec la musique, car il est obsédé par un écrivain, après une analyse plus profonde, on voit que Chick représente la destruction possible du musicien par une obsession trop forte. La vie de Chick est la représentation du plus haut niveau d’obsession, du niveau d’obsession destructif que Colin, le musicien, doit éviter. Comme le personnage de Chick illustre, « *Vian+ a fait de sa vie une œuvre d’art et de son art une leçon de vie » (Julliard, 2007, p. 9). Alise : l’amour malheureux Colin n’est pas le seul personnage affecté par l’obsession de Chick, Alise aussi est une victime. La souffrance d’Alise existe dans l’amour malheureux, le thème qu’elle incarne. C’est un thème que l’on retrouve très fréquemment dans la musique, particulièrement dans le jazz et le blues. Alise montre ce thème de deux manières différentes : dans sa relation avec Colin et dans sa relation avec Chick. En premier lieu, on sait qu’« Alise est, sans doute, le véritable objet de l’amour de Colin » (Pautrot, 1994, p. 107). Cependant, c’est un amour impossible car « Alise appart[ient] à Chick de plein droit » (Vian, 1947, p. 50). Les scènes d’intimité entre Colin et Chloé sont toujours passives, mais dans une scène d’intimité entre Colin et Alise, quand Alise « se l*ève+…et sa robe tomb[e] par terre » (Vian, p. 285), on a l’impression d’une vraie sensualité entre les deux. Dans ce cas, Alise représente le thème qui fascine tous les musiciens : l’amour inaccessible. En deuxième lieu, Alise ne reçoit jamais l’amour réciproque de Chick; il est trop distrait par son obsession avec Partre. Elle sait qu’elle est secondaire en disant « il a tous ses livres, mais il ne veut plus de moi » (Vian, 1947, p. 284). Alise, comme Colin, a un désir si fort d’être aimée que, dans un état désespéré, elle met le feu à toutes les librairies pour éradiquer les œuvres de Partre. C’est un acte final qui illustre le thème dominant de sa vie, l’amour malheureux, et qui The Arbutus Review, Vol. 2, No. 1 (2011) 120 provoque sa mort. Comme Chloé est « l’incarnation d’un blues » (Pestureau, 1999, p. 13), son caractère est dominé par la musique et elle ne peut qu’être une groupie. Bien que le même mot, boogie, soit utilisé pour décrire Chloé - « …leurs cœurs batt*ent+ tous deux sur un rythme de boogie » (Vian, p. 142) – et Alise, qui est « née d’un boogie-woogie…hot et dynamique » (Pestureau, 1999, p. 13), le « boogie » présente deux aspects différents entre les deux femmes. C’est le boogie, comme son admiration pour Colin, qui fait battre le cœur de Chloé. Cependant, c’est Alise elle-même qui incarne la définition hot et dynamique du boogie. La musique du boogie est inhérente dans l’existence des deux femmes et inhérente dans l’œuvre littéraire dans l’ensemble. La souris : le pouvoir de l’introspection Finalement, il reste un dernier personnage à examiner : la souris. Ce personnage représente la conscience de Colin, elle écoute et fait des gestes, mais ne répond jamais. Grâce a ce rôle en tant que conscience, on ressent la présence de la souris partout dans le roman; « elle est vraiment la vie et l’âme de l’appartement de Colin, discrète et fidèle compagne de Nicolas dans sa cuisine, de Chloé sur son lit de peine, de Colin dans son suicide » (Pestureau, 2003, p. 534). Elle est la manifestation physique des pensées intimes de Colin. Par exemple, ce n’est pas Colin qui est frappé par le changement de l’atmosphère dans son appartement, mais la souris, « dont l’air profondément ennuyé frapp*e+ dès l’abord » (Vian, 1947, p. 157). De plus, c’est la souris qui agit sur ses sentiments et qui « s’écorche les pattes à gratter les carreaux » (Pestureau, p. 534). Bien que Colin n’éprouve pas beaucoup d’émotion explicitement, les actions de la souris démontrent les vrais sentiments de son maître et font qu’elle incarne le thème d’introspection, un thème que l’on trouve beaucoup comme sujet musical. La souris permet à Colin de se voir et de s’analyser et elle dévoile un aspect de Colin que lui-même ne montre pas. La musique permet l’exploration personnelle à travers une forme d’art, comme la souris permet l’exploration personnelle de Colin à travers la représentation de sa conscience. Le pouvoir de la musique, c’est qu’elle sert d’exutoire émotionnel du musicien, elle permet au musicien d’exprimer ses sentiments les plus intimes. Comme une musique introspective, la souris possède le pouvoir de faciliter l’expression des sentiments personnels. Conclusion En guise de conclusion, cette analyse musicale de L’Écume des jours révèle une combinaison parfaite de la musique et de la littérature. Au-delà des personnages littéraires, cette œuvre offre une vision personnifiée des thèmes de l’obsession, de l’amour malheureux et de l’introspection et aussi une vision textuelle d’un musicien, d’un chef d’orchestre et d’une groupie. Cependant, il y a un dernier lien à établir entre les deux mondes, inextricablement liés, de la musique et de la littérature. Puisque Vian était en avance sur son temps, il n’a pas été apprécié comme écrivain à l’époque où il écrivait. N’est-ce pas souvent le cas avec les musiciens les plus célèbres ? La The Arbutus Review, Vol. 2, No. 1 (2011) 121 littérature, comme la musique, a une qualité d’intemporalité qui fait que, malgré que l’auteur ne soit pas reconnu immédiatement, son œuvre crée un impact indéniablement fort sur la société. L’intemporalité et le mélange de voies artistiques trouvés dans L’Écume des jours représentent le but de la musique et de la littérature : marquer sa place dans la mémoire de la culture sociale. Vian « ne choisira jamais entre musique et littérature » (Bertolt & Roulmann, 2008, p. 122) et laisse ses lecteurs et ses auditeurs libres de créer leurs propres combinaisons artistiques. The Arbutus Review, Vol. 2, No. 1 (2011) 122 Références Bertolt, N., & Roulmann, F. (2008). Boris Vian: Le swing Et Le Verbe. Paris: Les Éditions Textuel. Julliard, C. (2007). Boris Vian. Paris: Gallimard. Lapprand, M. (1993). Boris Vian, La Vie Contre : Biographie Critique. Ottawa: Presses de 'Ottawa. Lapprand, M., & Roulmann, F. (2009). . Paris: Gallimard. Pautrot, J-L. (1994). La musique oubliée: La nausée, L'Écume herche du temps perdu, Moderato cantabile. Genève: Librairie Droz. Pestureau, G. (1999). Un chef d’œuvre ellingtonien. In G. Pestureau, Boris Vian. Œuvres complètes (Vol. 2, pp. 9-17). Paris: Fayard. Pestureau, G. (2003). La souris. In Gilbert Pestureau Boris Vian. Œuvres complètes. (Vol. 15, pp. 534-535). Paris: Fayard. Vian, B. (1947). L’Écume des jours. Paris: Gallimard. Contact Contactez Nichelle Soetaert du Département de français par courriel à nichelle@uvic.ca. Remerciements Avant tout, j'aimerais remercier le Dr. Marc Lapprand, qui m'a plongée dans le monde vianesque. J'admire sa passion et son dévouement. Sans lui, ces recherches n'auraient jamais commencé. Ses conseils et son soutien ont fait de cette dissertation et de ce projet de recherche une réalité. J'aimerais aussi remercier ceux et celles à l'Université de Victoria qui m'ont donné l'occasion de participer comme Undergraduate Research Scholar grâce à la bourse Jamie Cassels. Cette aide financière a ouvert plus de portes que je ne pourrais l’imaginer et l'expérience a été inoubliable. Merci aussi au département de français, dont le personnel m'a toujours traité comme un membre de la famille. Finalement, merci a ma propre famille, qui m'a toujours aimée inconditionnellement et qui a permis toutes ces possibilités.